L'heure de l'addition pour la baisse de la TVA

ECONOMIE Il y a un an, les restaurateurs faisaient des promesses en matière d'emploi et de baisse des prix...

Delphine Bancaud

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L'abaissement à 5,5% du taux de la TVA sur la restauration, envisagé sous conditions par le conseiller spécial du président Henri Guaino, permettrait aux restaurateurs de prendre des engagements "sur les conditions d'emploi et les prix", a réagi lundi le président du Synhorcat.
L'abaissement à 5,5% du taux de la TVA sur la restauration, envisagé sous conditions par le conseiller spécial du président Henri Guaino, permettrait aux restaurateurs de prendre des engagements "sur les conditions d'emploi et les prix", a réagi lundi le président du Synhorcat. — Mychèle Daniau AFP/Archives

Après les promesses, voici venue l’heure des comptes. C’est aujourd’hui le premier anniversaire du «contrat d’avenir», signé l’an dernier entre le gouvernement et les professionnels de la restauration. En contrepartie de la baisse de la TVA (passée de 19,6% à 5,5% à partir du 1er juillet 2009) coûtant 3 milliards d’euros à l’Etat, les restaurateurs s’engageaient à baisser les prix, mais aussi à créer 40.000 emplois en deux ans et à améliorer les conditions de travail. Des défis ambitieux, dont certains se sont avérés difficiles à relever.

Les additions restent salées. Les restaurateurs s’étaient d’abord engagés à baisser d’au moins 11,8% sept produits ou plus de leur carte, ce qui devait aboutir à une chute des prix de 3% au niveau national entre juillet 2009 et janvier 2010. Une promesse non tenue, car les tarifs n’ont baissé que de 1,17% entre juillet et mars, selon l’Insee. Seul un restaurateur sur deux aurait joué le jeu. Du coup, l’espoir de voir un jour les additions baisser semble s’être envolé. «Le gouvernement a changé son discours au fil des mois et demande seulement aux restaurateurs de ne pas augmenter leurs prix», commente Stéphane Fustec, secrétaire de la fédération CGT Commerce.

Les créations d’emplois en attente. Le secrétariat d’Etat au Commerce se veut plus optimiste quant à la tenue des promesses en matière d’emploi. Interrogé par 20 Minutes, il juge que «l’objectif des 40.000 postes créés en deux ans est atteignable». Et ce, même si seulement 5.300 postes ont vu le jour au second semestre 2009. Pour conforter son discours, le gouvernement s’appuie sur l’enquête «Besoins de main-d’oeuvre» de Pôle emploi, prévoyant 236.000 recrutements dans le secteur de l’hôtellerierestauration en 2010. Un optimisme partagé par Jean-Pierre Chedal, président de la branche des restaurateurs au Synhorcat, qui mise sur la saison d’été our accélérer le rythme. Les syndicats restent, en revanche, sceptiques: «L’objectif des 40 000 postes créés est inatteignable», affirme ainsi Stéphane Fustec.

De meilleures conditions de travail. Seul point de consensus entre les parties: les avancées sociales engendrées par la baisse de la TVA. L’accord de décembre entre les syndicats et le patronat a ainsi abouti a une hausse de 4% des bas salaires depuis le 1er mars. «On est partout au-dessus du smic», souligne Jean-Pierre Chedal. Les salariés bénéficieront aussi d’une prime TVA, d’ici à la fin juillet et d’une mutuelle dès janvier 2011. De vrais acquis sociaux.