Le père du nourrisson mort en Isère accuse les services sociaux

FAITS-DIVERS La mort serait due à un «état de déshydratation sévère et de dénutrition» alors que les services sociaux tentaient en vain de joindre les parents...

J. M. avec agence

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Une information judiciaire a été ouverte à la suite de la mort du petit Lorenzo, âgé de 10 mois il y a une semaine en Isère. Les résultats de l'autopsie ont montré que le bébé, de sexe masculin, était mort des suites d'un «état de déshydratation sévère et de dénutrition», a précisé une source judiciaire.

Une information pour «privation de soins ayant entraîné la mort par ascendant» a été ouverte le 23 avril et confiée à un juge d'instruction de Grenoble.

«Je vais porter plainte contre les services sociaux»

Actuellement hospitalisée, Sonia, la mère de l'enfant âgé de 25 ans, en situation précaire, n'a pas pu être entendue par le juge. Lorenzo, originaire du Péage-de-Roussillon (Isère), est décédé le 20 avril dans un centre hospitalier de Vienne (Isère), précise le Dauphiné libéré qui a révélé l'information.

«Les services sociaux sont venus une fois, mais ils ne sont plus jamais revenus. Ils auraient dû nous aider», a déclaré ce mercredi sur RTL le père de l'enfant, Jimmy. «Je vais porter plainte contre les services sociaux», a assuré le jeune homme de 23 ans qui avait quitté le domicile «après une dispute» avec sa compagne au moment du drame.

«Comment il a été possible de ne pas s'apercevoir de l'état de santé de ce petit»?

La justice devra d'ailleurs enquêter auprès des services sociaux, qui suivaient le cas de l'enfant. «Il va falloir que le juge d'instruction vérifie comment il a été possible de ne pas s'apercevoir de l'état de santé de ce petit», a souligné la même source, précisant toutefois qu'un décès dû à la dénutrition pouvait intervenir en l'espace de quelques jours.

Les parents de la petite victime ont en effet été identifiés par les services sociaux depuis plusieurs années. Le frère aîné du nourrisson, âgé de 3 ans, a été placé en famille d'accueil. Mais depuis la naissance du petit dernier, ils sont «confrontés à l'impossibilité de faire intervenir les équipes de Protection maternelle et infantile», selon un communiqué du Conseil général de l'Isère.

Impossible de contacter les parents

Les services du Conseil général ont donc effectué, le 26 juin 2009, soit 18 jours après la naissance de l'enfant, un signalement auprès du juge des enfants, qui a fin demandé à l'association La Sauvegarde (ADSEA) de réaliser une enquête sociale, fin septembre 2009.

Début avril, L'ADSEA a écrit aux parents, leur donnant rendez-vous le 13 avril dans ses locaux, sans succès. C'est après plusieurs échecs à contacter la famille qu'une visite à domicile a été programmée le 22 avril.