Noriega en détention provisoire

JULIE FIORETTI

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Manuel Noriega, en 1990.
Manuel Noriega, en 1990. — C. BROWN / SIPA

L'ancien dictateur panaméen, Manuel Noriega, est arrivé hier en France. Extradé des Etats-Unis, il a été présenté dès son arrivée au Palais de Justice de Paris où il s'est vu notifier son mandat d'arrêt international. La justice française lui reproche d'avoir transféré 2,3 millions d'euros en France provenant du cartel de la drogue de Medellin (Colombie). Manuel Noriega nie les faits. Le juge des libertés a ordonné hier son placement en détention provisoire. Les avocats français avaient tenté de plaider « l'incompétence de la justice française à juger l'ex-dictateur », notamment en raison de « la prescription des faits reprochés qui remontent aux années 1980 et de son immunité d'ex-chef d'Etat ».
Celui qui fut l'ancien général des forces armées panaméennes, longtemps allié des Etats-Unis pendant la guerre froide, est lâché par Washington en 1987 pour son implication dans un trafic de stupéfiants. En 1992, il est condamné à quarante ans de prison, mais bénéficie d'une remise de peine de vingt ans pour bonne conduite. Condamné par contumace en 1999 par la justice française à dix ans de prison pour blanchiment d'argent, il fait opposition au jugement. Son extradition en France devrait permettre d'organiser un nouveau procès.