Nuage: Des augmentations de tarifs et des promos pour rattraper la perte financière

ECONOMIE Même si les billets d'avion devraient augmenter, les tours opérateurs misent sur les promos et les offres de dernière minute. Mais pas question de brader les séjours…

Bérénice Dubuc

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Quand ils le pouvaient, les voyageurs tentent d'emprunter d'autres moyens de transport, notamment le train.
Quand ils le pouvaient, les voyageurs tentent d'emprunter d'autres moyens de transport, notamment le train. — REUTERS/Charles Platiau

Après une paralysie de plus de 8 jours à cause du volcan islandais Eyjafjöll, l’heure est aux comptes. Les perturbations dues au nuage de cendres auront coûté quelque 260 millions d'euros aux compagnies aériennes et voyagistes en France a annoncé ce lundi le secrétaire d'Etat au Tourisme, Hervé Novelli.

 

Plus 5,2% pour les billets d’avion

 

 

Les compagnies aériennes ont été de loin les plus affectées (environ 188 millions d'euros). Les billets d'avion devraient donc augmenter cette année de 5,2%, estiment le site Kelkoo et le Center for Economics and Business Research (CEBR) basé à Londres. Cette hausse permettra en partie de contre balancer cette perte, mais aussi de compenser la hausse du prix du pétrole. Cela représente une augmentation de 21 euros par billet en moyenne, et un surcoût global de 820 millions d'euros pour les consommateurs.

Du côté des tours opérateurs – qui ont perdu quelque 31 millions d'euros selon le secrétaire d'Etat au Tourisme - l’objectif est en priorité de «relancer la machine» pour rattraper le coût financier global de ces 8 jours. Car les tours opérateurs n’étant pas des compagnies aériennes, ils sont obligés d’affréter des vols, qu’ils payent même si l’appareil vole à vide. Il leur a donc fallu non seulement assumer financièrement l’assistance aux clients coincés à destination (logement, nourriture), mais aussi l’affrètement d’avions supplémentaires ou de cars pour les rapatrier.

 

Manque à gagner

 

De plus, «il faut aussi prendre en compte le manque à gagner», note Patrice Caradec, le président de Look Voyages groupe Transat). La semaine passée, période de vacances scolaires pour deux zones - dont la plus peuplée, la C – est «l’une des semaines les plus importantes de l’année pour nous, explique-t-il. Quelque 10.000 clients devaient partir la semaine dernière, mais moins de 1.000 l’ont fait au final.»

La priorité aujourd’hui est donc la reprise du marché. «L’objectif, c’est que les quelque 20 vols par jour que nous affrétons se remplissent», indique Sébastien Boucher, directeur de la communication de Marmara (groupe TUI). Une chance cette année, le «early booking» (la réservation très en avance) a «très bien fonctionné, les vols à venir sont presque pleins». Mais pas tous.

 

Promos et offres de dernière minute

 

Les sites des tours opérateurs regorgent donc déjà de promos et d’offres de dernières minutes pour finir de les remplir. Dès la semaine dernière, Look Voyages proposait des promotions en ligne, car il était «urgent» de relancer les départs pour le mois de mai. «Un coup de booster pour redonner aux clients le goût de partir, et pour impulser du rythme après 10 jours de non vente», précise Patrice Caradec.
 
Cependant, ces offres sont «un peu plus intéressantes que s’il n’y avait pas eu le volcan», concède Sébastien Boucher, mais pas de vacances à moins 80% à l’horizon. L’éruption et le nuage de cendres sont en effet un événement ponctuel, qui n’aura pas, pensent les tours opérateurs, beaucoup d’impact sur le marché. Ils attendent ainsi assez sereinement une reprise rapide. Il n’y a donc pas de grande différence entre les prix de dernière minute et ceux qui auraient été pratiqués sans Eyjafjöll.

 

Pas de prix cassés

 

«Nous voulons créer un effet d’aubaine», explique Patrice Caradec, mais pas casser les prix. «Les prix bas signifient moins de confort, moins de ménage, moins de nourriture aux buffets. Ni les clients ni les hôteliers ne s’y retrouvent. Je préfère faire bouger les prix, mais en tenant mes engagements», martèle-t-il.
 
Du côté de chez Marmara, c’est en misant sur la nouveauté qu’on veut redynamiser le marché. Ainsi, l’entreprise ouvrira dès début mai des séjours à Essaouira, au Maroc, en vol direct. Le lancement a même été avancé pour que les clients frustrés par le volcan puissent en profiter.