Clichy-la-Garenne: l'agresseur présumé a été placé en hôpital psychiatrique

FAIT DIVERS Il est accusé d'avoir poignardé un père de famille à mort devant son fils...

C. F. et C.C. avec agence

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Un homme a été poignardé à mort alors qu'il jouait au foot avec son fils à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) le 25 avril 2010.
Un homme a été poignardé à mort alors qu'il jouait au foot avec son fils à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) le 25 avril 2010. — IDE

L'agresseur présumé de l'homme de 47 ans poignardé à mort devant son enfant dimanche après-midi à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), est atteint de «schizophrénie paranoïde», a affirmé le procureur de la République à Nanterre, Philippe Courroye, lors d'un point presse lundi.

L'homme, un sans domicile fixe de 41 ans, a été examiné par un expert psychiatre qui a conclu à une «altération du discernement», et a été placé en hôpital psychiatrique lundi après-midi, a ajouté Philippe Courroye.

«Onze hospitalisations»

Une information judiciaire pour homicide volontaire devrait être ouverte «vraisemblablement» mercredi, a indiqué le procureur, soulignant qu'une expertise psychiatrique complémentaire sera ordonnée pour déterminer «si l'irresponsabilité pénale se confirme».

L'homme interpellé dimanche a déjà subi «onze hospitalisations entre 2002 et 2008», pour raisons psychiatriques, dont la dernière remonte en janvier 2009 au centre médico-psychologique de Clichy-la-Garenne, a-t-il indiqué, sans préciser si l'homme était sous injonction thérapeutique.

Coup mortel au ventre

La victime de Clichy-la-Garenne, un chauffeur de taxi, jouait au ballon avec son petit garçon de 11 ans, rue Chance-Milly dimanche, lorsqu'un homme lui a porté plusieurs coups de couteau vers 17h40. «Il a été frappé de six coups de couteaux, trois dans le dos dont un mortel, un au thorax, un au flanc et un au cou», a précisé le procureur. Ce père de deux autres enfants de 19 et 17 ans est décédé vers 18h30.

L'auteur présumé de l'agression a été interpellé peu de temps après les faits et placé en garde à vue dimanche soir. Une source policière avait indiqué ce lundi matin qu'il était connu des services de police, notamment pour des faits de vols et de violences.

Un «acte gratuit commis par un déséquilibré»

«Cette personne avait été agressive verbalement dans le quartier depuis deux jours, mais ce comportement n'avait pas été signalé à la police nationale», a indiqué pour sa part la mairie, qui a mis en place une cellule d'écoute psychologique.

Cette affaire n'est pas sans rappeler celle de l'étudiant poignardé en novembre 2008 par un patient échappé d'un hôpital psychiatrique de Grenoble. A l'époque, Nicolas Sarkozy avait annoncé une réforme l'hospitalisation psychiatrique. Il entendait notamment «améliorer la surveillance des patients susceptibles de représenter un danger pour autrui» avec «la création d'un fichier national des hospitalisations d'office». Ce «plan psychiatrie» n'a plus refait parler de lui depuis.