Un bus sécurisé par les forces de police en Seine-Saint-Denis, à l'automne 2009.
Un bus sécurisé par les forces de police en Seine-Saint-Denis, à l'automne 2009. — HADJ / SIPA

Coupe de France

le coup de chaud des chauffeurs

transports Face aux agressions répétées, la profession suspend le travail

A Orléans, bus et tram étaient à l'arrêt samedi. Après l'agression d'un chauffeur de bus, la profession a fait jouer son droit de retrait. Après l'arme à feu braquée sur un conducteur de tramway et deux attaques au couteau de boucher, « c'en est trop » pour Patrick Cabot, délégué syndical de Sud Setao (société des transports orléanaise). D'autant que le conducteur victime, « gentil et courtois », a vingt ans d'ancienneté. « On a pris conscience que cela peut arriver à n'importe qui. »

Une inquiétude latente
A Nice, même invocation du droit de retrait. Dimanche 18, un conducteur de tram s'est vu menacer par des jeunes, dont l'un tenait un sabre japonais. Samedi soir, les agresseurs sont aperçus sur les rails. L'impression qu'ils recherchent le conducteur qui a porté plainte alarme ses collègues. D'où la fin du service, avancée à 22 h 30. Troisième droit de retrait ce week-end : à Sevran (Seine-Saint-Denis), à la suite du caillassage de deux bus.
Mais l'inquiétude n'est pas nouvelle. Blocage des portes et menaces sont fréquents. « Un de leurs jeux préférés : appuyer sur le bouton d'appel d'urgence pour qu'on ouvre notre micro et qu'ils puissent nous insulter », explique un conducteur de la ST2N (Société des transports niçoise). Alors quand Christian Estrosi, maire (UMP) de Nice et ministre de l'Industrie, annonce hier la présence de deux policiers par tramway niçois, cela rassure... à court terme. Car la mesure dissuasive est temporaire.
A Orléans, l'intersyndicale a obtenu l'acquisition d'un second véhicule d'intervention pour la police des transports ainsi qu'une présence policière renforcée à la sortie des discothèques et dans les « quartiers sensibles ». Forces de l'ordre et apaisement ne sont pourtant pas forcément synonymes. En témoigne le bus incendié et l'autre caillassé à Tremblay-en-France, le 31 mars. Cause invoquée : des représailles après un coup de filet policier contre des trafiquants de drogue de la cité voisine.

Plan national

Le 14 avril, Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, a lancé un plan de sécurisation qui prévoit notamment le développement dela vidéosurveillance avec30 millions d'euros engagéspar l'Etat en 2010.