Les homosexuels n'iront pas danser en Ardèche cet été

SOCIETE L'association Gais Musette ne pourra pas organiser sont stage estival en Ardèche...

Ingrid Gallou

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«L'homosexualité ne correspond pas aux énergies et à l'éthique que nous développons.» Voici la fin de non-recevoir qu'a opposée l'association ardéchoise Cœurs et Jardins au club de danse lesbien, gay, bi et trans (LGBT), Gais Musette, qui souhaitait y organiser son stage de danse estival. L'association affirmait pourtant sur son site vouloir contribuer à «l'ouverture des cœurs et des esprits». Mais après avoir donné un accord de principe, elle a reculé via un mail, plutôt sec, envoyé au club LGBT.

«Amalgame»

«En colère», les responsables de ce dernier ont envoyé un courrier recommandé dans lequel ils expliquent «leur déception», et rappellent «certains articles du Code pénal». Pour eux, «il s'agit bien d'homophobie caractérisée réprimée par la loi, qui interdit le refus de fourniture d'un bien ou d'un service pour des motifs liés à l'orientation sexuelle». La réponse n'est pas celle qu'ils attendaient. Cœurs et Jardins assure avoir voulu «protéger le lieu, l'image de l'association, et [les] enfants vivant sur place des éventuelles dérives sexuelles qu'une telle réunion pouvait laisser supposer».

Le centre LGBT y voit un «amalgame avec la pédophilie». «Nous sommes en droit de choisir qui nous voulons. Et en l'occurrence, nous avions peur d'une sexualité débridée, a confirmé à 20 Minutes, Fanny Hermier, trésorière de l'association ardéchoise. Cela aurait été la même chose avec un groupe d'hétérosexuels.» «Et nous qui pensions que notre courrier allait les faire réfléchir, déplore Jean-François Bœuf, secrétaire des Gais Musette. Ils se sont encore enfoncé davantage.» Les Gais Musette disent envisager des suites. «Saisir la Halde [Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité] dans un premier temps. Et, pourquoi pas, se porter partie civile pour une instruction au pénal.» De son côté, l'association ardéchoise dit crouler sous les mails provocateurs. «Nous aussi, nous pourrions porter plainte, car l'accusation de pédophilie, ce sont eux qui l'ont inventée.»