Dans les airs, la cendre volcanique est invisible, mais potentiellement dangereuse pour les pilotes

TRANSPORTS Les avions peuvent souffrir des particules...

Oriane Raffin

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Le nuage de cendres du volcan islandais Eyjafjallajokull vu d'avion, lundi 19 avril 2010.
Le nuage de cendres du volcan islandais Eyjafjallajokull vu d'avion, lundi 19 avril 2010. — Ho New / Reuters

En l’air, «on ne voit rien de particulier». Gérard Feldzer, directeur du Musée de l’air du Bourget et ancien pilote, a participé à un vol test jeudi dernier, avec un petit appareil doté d’un moteur à hélices. Pas de soucis pour lui avec le nuage de cendres du volcan islandais, surtout avec un tel moteur, doté d’un filtre. «La différence avec un nuage, c’est que ça ne se voit pas à l’œil nu, et le radar ne détecte pas particulièrement le silicate, donc on peut rentrer dedans sans le savoir», explique-t-il néanmoins.

Problème: la cendre volcanique est susceptible d’être transformée en verre à hautes températures, comme celles qui règnent dans les réacteurs des avions. «S’il y a beaucoup de particules, ça risque de boucher les orifices, les ailettes des compresseurs ou les sondes», poursuit Gérard Feldzer, contacté par 20minutes.fr.

L’armée en a déjà fait les frais. Le réacteur d'un chasseur-bombardier F16 de l'Otan volant en Europe a été affecté par le nuage de cendres du volcan islandais, ce qui pourrait poser rapidement problème au dispositif militaire allié selon un responsable américain.

«Processus de vitrification dans les moteurs»

«On a détecté un processus de vitrification dans les moteurs» d'un F16 qui n'a toutefois pas provoqué d'accident, a-t-il déclaré, soulignant au passage que «l'espace aérien est fermé pour de bonnes raisons».

Pourtant, au niveau commercial, plusieurs compagnies aériennes ont fait des tests -à vide- afin de vérifier les risques.

«Nous n’avons rien noté de particulier»

Ainsi, la compagnie Aigle Azur a rallié Paris à Mulhouse, puis Lyon avant de rentrer à Paris avec son Airbus A319 flambant neuf. Contactée par 20minutes.fr, une porte-parole de la compagnie affirme que «ce vol de vérification s’est bien passé. Nous n’avons rien noté de particulier».

Des tests poussés ont été réalisés, notamment une analyse du moteur, afin d’être certain que l’avion n’avait subi aucun dommage.

KLM a pour sa part relié sans encombre Amsterdam à Paris. Quant à Air France, la compagnie annonce n’avoir détecté aucune anomalie sur ses appareils après cinq vols d’évaluation, dimanche.

«Pour savoir où sont les particules, on a besoin de prendre des mesures, de faire des prélèvements fréquents», explique Gérard Feldzer. D’où les mesures de précaution prise à l’échelon européen.