Les compagnies aériennes réclament l'ouverture de l'espace aérien

TRANSPORTS Elles critiquent la gestion de la crise et pointent un manque à gagner de plus de 200 millions de dollars par jour...

Avec agence

— 

L'association des compagnies aériennes mondiales (IATA) a demandé lundi 19 avril une ouverture au moins partielle de l'espace aérien.
L'association des compagnies aériennes mondiales (IATA) a demandé lundi 19 avril une ouverture au moins partielle de l'espace aérien. — BOBO MARKS / SIPA

Elles ne sont pas contentes. L'association des compagnies aériennes mondiales (IATA) a demandé lundi une ouverture au moins partielle de l'espace aérien, en critiquant durement la façon dont la crise due aux cendres volcaniques a été gérée par les autorités.

«Nous sommes assez avancés dans cette crise pour exprimer notre insatisfaction sur la façon dont les gouvernements (l') ont gérée», dénonce Giovanni Bisignani, directeur de l'Association internationale du transport aérien (IATA), lors d'une conférence de l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace à Paris.  

Il a réclamé des «décisions qui soient fondées sur des situations réelles», alors que la fermeture d'une partie de l'espace aérien européen représente un manque à gagner de plus de 200 millions de dollars par jour pour les compagnies aériennes.  

Des conséquences inquiétantes pour le secteur  


«Une évaluation du risque devrait permettre de nous aider à rouvrir certains couloirs, à défaut de l'ensemble de l'espace aérien», a dit Giovanni Bisignani. «L'ampleur de cette crise est désormais plus importante que le 11-Septembre» pour le secteur, a-t-il jugé, en se disant «inquiet» de la situation de certaines compagnies.  

D'autant que la situation ne sera pas réglée rapidement. Cela prendra «de trois à six jours pour un retour à la normale» après la fin des restrictions de vol, selon lui. L'IATA, qui représente 230 compagnies aériennes assurant 93% du trafic commercial international, a vertement critiqué la façon dont les événements ont été gérés par les autorités. «Cela a pris cinq jours pour organiser une conférence téléphonique entre les ministres des transports» européens, a regretté Giovanni Bisignani.  

Des restrictions jugées excessives  

La présidence espagnole a en effet prévu lundi en fin de journée, vers 17h, une réunion extraordinaire des ministres des Transports de l'UE par visio-conférence, animée depuis Madrid.  

IATA a encore déploré une situation «sans évaluation du risque, sans consultation, sans coordination et sans leadership» de la part des gouvernements. La principale association des compagnies aériennes européennes (AEA) et celle des gestionnaires d'aéroports (ACI) avaient déjà demandé dimanche une «réévaluation immédiate» des restrictions de vols imposées en Europe en raison des cendres volcaniques, qu'ils jugent excessives.