Un week-end de cendres qui coûtera cher

Aviation Conséquence de l'éruption d'un volcan en Islande, 63.000 vols ont été annulés en Europe depuis jeudi. Le gouvernement doit se réunir rapidement pour évaluer les dégâts économiques.

Lucie Soullier et Charlotte Mannevy

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Moins de 12 % des vols ont été assurés hier en Europe. 150 000 ressortissants français seraient bloqués à l'étranger.
Moins de 12 % des vols ont été assurés hier en Europe. 150 000 ressortissants français seraient bloqués à l'étranger. — A. GELEBART / 20 MINUTESP. PAVANI / AFP

Salariés bloqués à l'autre bout du monde, marchandises clouées au sol, de nombreuses entreprises sont touchées par la fermeture quasi totale de l'espace aérien européen. Alors que le gouvernement lance un groupe de travail chargé d'évaluer le coût de la paralysie aérienne, 20 Minutes fait le point sur les secteurs touchés de plein fouet et sur ceux qui tirent leur épingle du jeu.


Les compagnies aériennes

L'Association internationale du transport aérien évalue le coût de la crise à 147,3 millions d'euros pas jour. Seul lot de consolation pour les compagnies, elles pourraient récupérer une partie des recettes lors de la reprise du trafic, grâce à un taux de remplissage maximal.

 

Le fret aérien

Fleurs du Kenya, ananas du Ghana voyagent par avion. Fedex, une des principales compagnies du secteur fret, a annoncé hier qu'elle ne prenait plus en charge de marchandises jusqu'à nouvel ordre. Le stockage ne pose pas de problème, a en revanche indiqué Air France vendredi, « car rien n'est parti, mais rien n'est arrivé non plus ».

 

Les voyagistes

L'éruption d'un volcan représentant un cas de force majeure, les voyagistes ne devraient théoriquement pas trop pâtir de la crise. Le syndicat du secteur recommande toutefois à ses adhérents de proposer à leurs clients le report du voyage. Pas question par contre de prendre en charge les frais des voyageurs bloqués à l'étranger, comme l'avait demandé le ministre des Transports, Dominique Bussereau. «Ce serait la faillite au bout de quinze jours», a réagi samedi le patron de Voyageurs du monde, Jean-François Rial.

 

Hôtellerie

A proximité des aéroports, les hôtels naviguent entre les annulations de ceux qui sont restés bloqués ailleurs et les réservations des passagers envoyés par les compagnies aériennes. «Cela se compense en nombre de chambres», affirme l'hôtel Kyriad de l'aéroport d'Orly. Mais «la perte financière est certaine», souligne-t-on au Campanile de Roissy, les hôtels faisant bénéficier les compagnies de tarifs préférentiels.

 

Autocaristes

La paralysie du trafic aérien oblige à chercher des transports alternatifs à l'avion. Parmi les plus prisés le bus. Eurolines ouvre ainsi des lignes supplémentaires chaque jour pour suivre des demandes qui ont doublé depuis mercredi. Les équipes ont été renforcées avec une dizaine de personnes gérant le centre d'appels hier, contre une seule habituellement.

 

Ferries

Autre transport de substitution, le ferry est également pris d'assaut. Brittany Ferries, LD Lines Ferries, Seafrance et P&O qui relient la France à la Grande-Bretagne, mais également la SNCM et Corsica Ferries entre la Corse et la métropole, toutes les compagnies connaissent une affluence record.

 

Transports ferroviaires

Les réservations d'Eurotunnel ont augmenté de «100 %», selon un porte-parole. Le secteur ferroviaire tente donc de s'adapter à la demande. Depuis samedi, Eurostar ajoute ainsi huit trains par jour entre la Belgique, la France et la Grande-Bretagne. La SNCF n'est pas en reste avec 8 400 places supplémentaires samedi sur ses lignes internationales et 8 500 hier.

 

Location de voitures

Chez les loueurs de voitures, les appels explosent également. Gregory, chez Avis, répond toute la journée à des personnes désespérées pour qui il n'a aucune solution. Les voitures se font rares. Une famille coincée à Rome a ainsi pris le bus jusqu'à Nice afin d'y récupérer une voiture, avant de remonter à Zurich. «Il faut être motivé.» D'autant plus qu'une journée de location peut coûter jusqu'à 1000 €, avec les frais d'abandon. Une solution aurait pu désengorger la situation: le covoiturage.

 

Le covoiturage

Covoiturage.fr a vu le nombre de recherches doubler, passant de 30 000 à 60 000 en vingt-quatre heures, a annoncé le site vendredi.