Les sinistrés de Xynthia pourraient attaquer l'Etat en justice

CATASTROPHE Ils manifestent, signent des pétitions et évaluent leur chances de recours devant les tribunaux administratifs pour contester le tracé des zones noires...

B.D. avec agence

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Des habitants de l'Aiguillon-sur-Mer prennent connaissance, le 8 avril 2010, des «zones noire» où les maisons seront détruites, après le passage de la tempête Xynthia.
Des habitants de l'Aiguillon-sur-Mer prennent connaissance, le 8 avril 2010, des «zones noire» où les maisons seront détruites, après le passage de la tempête Xynthia. — F.PERRY/AFP

Toujours aussi mobilisés. Environ 350 habitants de Fouras, en Charente-Maritime, ont manifesté samedi pour s'opposer à une possible destruction de leurs maisons après la tempête Xynthia.

«Non aux destructions» et «préfet, démission!» ont notamment scandé les manifestants, parmi lesquels se trouvaient le maire UMP de Fouras, Sylvie Marcilly.

Inquiets en attendant l'expertise complémentaire

Le défilé a réuni de «300 à 350» personnes, selon la gendarmerie, deux jours après l'annonce par les autorités des zones noires décrétées inhabitables après les inondations du 28 février. Selon la cartographie diffusée par la préfecture de Charente-Maritime, une grande partie de la Pointe de la Fumée, à Fouras, est en zone «orange», c'est-à-dire qu'elle doit faire l'objet d'une expertise complémentaire dans un délai d'un mois avant d'être classée en noire (inhabitable) ou en jaune (où le risque peut être maîtrisé).

Sylvie Marcilly précise que «104 maisons» sont concernées, a dénoncé «un zonage fait à la hache»: «Je demande qu'on me fournisse des explications convaincantes que je pourrai donner à la population», a-t-elle ajouté.Jean-Paul Bégué, président d'une association réunissant la «grande majorité» des habitants de la Pointe de la Fumée, a estimé qu'il «est inconcevable que toute la Pointe de la Fumée soit rasée, il y a des maisons qui n'ont pas eu d'eau à l'intérieur et même pas d'eau sur le terrain pour certaines».

Recours administratifs?

«Ces décisions sont vécues comme des injustices», a-t-il lancé, ajoutant être «confiant sur le fait que l'Etat va prendre en compte nos remarques et va retravailler pour apporter des solutions qui soient cohérentes avec la situation réelle des risques pour les personnes et les biens».

Les sinistrés en colère face au tracés de ces «zones noires» en Charente-Maritime et en Vendée, commencent à s'organiser. Ils signent des pétitions qui doivent êtres adressées au président Nicolas Sarkozy, réfléchissent à des recours remettant le tracé en cause devant les tribunaux administratifs, et certains en Vendée ont même contacté un avocat spécialisé en droit public afin d'entamer une action collective.