«Le rôle du président de la République n'est pas de lancer des fatwas sur des rumeurs qui n'intéressent personne»

REACTIONS Revue de positions concernant les rumeurs sur le couple présidentiel et l'offensive lancée par l'Elysée pour en connaître les auteurs...

J. M. avec agence

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Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, le 14 mars 2010 à Paris.
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, le 14 mars 2010 à Paris. — SIPA

Alors que l'Elysée a lancé la chasse aux conspirateurs, les rumeurs sur le couple présidentiel n'en finissent plus de faire jaser. Jean-Louis Borloo a tenu à adresser ce mardi sur Radio Classique «un coup de chapeau à la presse française» qui n'est pas tombée «dans le piège», à l'inverse des médias étrangers qui ont relayé le billet publié sur un blog hébergé par le jdd.fr.

Ce mercredi, Manuel Valls, député PS, a répondu en estimant que Nicolas Sarkozy avait «sa part de responsabilité» dans l'«ambiance délétère» qui entoure les rumeurs sur son couple.

>> La déclaration de Manuel Valls est par ici

Mais c'est dans les couloirs de l'Assemblée, que l'on se montre le plus loquace. Les députés ont livré leur sentiment sur la situation ce mercredi. Revue de positions.

Jean-Louis Bianco (PS): «Tout responsable politique a droit au respect de sa vie publique, à condition de ne pas l'étaler».

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République): «C'est la présidence de la République qui alimente elle-même des rumeurs contre les rumeurs. On croit rêver! Le rôle du président de la République n'est pas de lancer des fatwas sur des rumeurs qui n'intéressent personne.»

Lionnel Luca (UMP): «Tout ce qui participe à vouloir nuire au président de la République, il est normal d'y mettre fin, même si on met les pieds dans le plat (...) On n'est jamais si bien trahi que par les siens. Rappelez-vous l'Affaire Marcovic avec Georges Pompidou, l'attaque venait des milieux gaullistes et pas de l'opposition (...) Rachida Dati devient une victime à son tour du jeu de billard à trois bandes qu'on est en train de faire.»

Jack Lang (PS): «Notre vie politique et médiatique est malade. Que l'on soit vivement critique à l'égard du gouvernement, rien de plus normal mais que l'on mélange vie privée et publique ce n'est pas acceptable. Même si ces rumeurs étaient fondées, elles n'ont pas lieu d'être dans l'information publique.»

Marie-Anne Montchamp (UMP): «Il faut savoir mettre un terme à la rumeur. Pour autant, la question de la méthode est très importante. Il faut éviter les petites phrases, les tempêtes de palais. Les conseillers doivent rester à leur place.»

Bruno Le Roux (PS): «Soit l'Elysée dit clairement les choses et établit les responsablités, et on voit que, dans ce camp, les comptes se règlent de façon assez basse. Soit l'Elysée ne sait pas et lance un certain nombre de choses, auquel cas c'est la continuation d'une attitude qui est celle d'être sur le devant de la scène.»

François Goulard (UMP-villepiniste): «C'est profondément maladroit de mettre sur la place publique, sous cette forme et avec ces procédés là une affaire qu'il faut mépriser. Ou bien on se tient éloigné des rumeurs, ou bien on leur donne de l'importance. C'est ce qui est en train de se passer, je le déplore car ça ne contribue pas à la sérénité du débat public.»