Drame du RER A: le pousseur mis en examen pour meurtre et incarcéré

ENQUETE Il souffre de troubles psychiatriques graves et sa mère «avait tiré le signal d'alarme»...

Avec agence

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L'homme soupçonné d'avoir tué vendredi un voyageur en le projetant contre un RER à Paris a été mis en examen pour meurtre et incarcéré dimanche après avoir reconnu les faits lors de sa garde à vue, a-t-on appris de source judiciaire. Mis en examen pour meurtre, il a été placé en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention (JLD), conformement aux réquisitions du parquet.

Le suspect, âgé de 28 ans, a reconnu les faits lors de sa garde à vue. Selon la même source judiciaire, le jeune homme avait déjà été interpellé pour des vols avec violence et il a été suivi à l'hôpital pendant plusieurs années pour des troubles psychiatriques.

«Troubles psychiatriques lourds»

«J’avais tiré le signal d’alarme», a témoigné sa mère dans l'édition à paraître lundi du Parisien. «Je sentais que mon fils pouvait commettre l’irréparable à chaque instant», a-t-elle dit. La mère a expliqué que son fils souffrait effectivement de «troubles psychiatriques lourds (...) détectés en août 2005». «Depuis, il a fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, dont certains de plusieurs mois», a-t-elle dit. Le jeune homme avait interrompu son traitement début janvier et pouvait devenir par conséquent «incontrôlable», a-t-elle ajouté.

Le suspect avait été interpellé vendredi soir près de son domicile à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). Depuis le matin, il était activement recherché pour avoir projeté un voyageur contre un train qui entrait dans la station parisienne Gare de Lyon de la ligne A du RER.

Déséquilibrée par son agresseur qui lui a donné un violent coup de pied dans le dos, la victime a été percutée en pleine tête par le RER et est retombée lourdement sur le quai. Grièvement blessé, l'homme de 52 ans est décédé un quart d'heure plus tard malgré l'intervention des secours.

Pas de statistiques sur les «pousseurs»

Son agresseur avait réussi à prendre la fuite, mais les enquêteurs avaient recueilli des témoignages d'usagers et visionné les enregistrements des caméras de surveillance. Il n'existe pas de statistiques précises sur ces actes criminels perpétrés par ceux que l'on surnomme «les pousseurs» du métro.

D'après une étude menée en 2005 par trois psychiatres français, la plupart des «pousseurs» souffrent de schizophrénie avec délires de persécution, accompagnés parfois de troubles liés à l’alcool. Ces crimes sont «rarissimes», assure-t-on à la RATP.

Précédents

Toutefois, «quatre faits avérés de ce phénomène de poussette ont été enregistrés» cette année, dont deux mortels, celui de vendredi et un précédent en janvier, selon une source policière. Le 29 janvier, un homme de 40 ans -suivi pour des troubles psychiatriques mais ayant arrêté son traitement- avait ceinturé un voyageur de 24 ans avant qu'ils ne tombent tous les deux sous une rame du RER C à la station Bibliothèque François-Mitterrand à Paris (XIIIe). Ils avaient péri tous les deux.

Le 10 avril 2009, un quadragénaire avait été violemment poussé sous le métro à la Grande Arche de la Défense et grièvement blessé. L'auteur de cet acte gratuit était un SDF de 34 ans, à l'état psychique inconnu, qui avait été rapidement interpellé grâce aux images de vidéosurveillance.