Sodimatex: les salariés suspendent leurs menaces, les négociations reprennent

ECONOMIE Ils menaçaient de faire exploser leur usine...

Avec agence

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LIONEL BONAVENTURE/AFP

Petit sursis pour la Sodimatex? Les salariés, qui menaçaient de faire exploser une citerne de gaz dans leur usine, ont finalement conclu un accord de méthode avec la direction, dans la nuit de vendredi à samedi. Ceux qui réclament de meilleures indemnités de départ vont reprendre les négociations avec la direction, dès mercredi.

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«Le protocole d'accord est signé, le processus de conciliation redémarre et les menaces contre l'entreprise cessent», a annoncé au bout de la nuit de vendredi à samedi, devant la presse, le préfet de l'Oise Nicolas Desforges, qui a présidé la réunion entre salariés et direction du groupe Trèves, dans la petite mairie de Crépy-en-Valois.

Dès mercredi, salariés et direction se réuniront pour négocier, en sous-préfecture de Senlis, laquelle doit présider un comité de suivi. 

Discussions autour des conditions de départ 

Après avoir quitté peu avant 20h très en colère la table de négociations entamées à la mi-journée, les salariés ont finalement repris les discussions vers 22h pour tenter de trouver un accord fixant le cadre des négociations. 

L'enjeu de fond: les conditions de départ des 92 salariés du site, dont la fermeture est programmée depuis un an. 

Les salariés réclament notamment une prime extra-légale de licenciement de 21.000 euros, semblable à ce qu'avaient touché leurs collègues d'une autre usine Sodimatex fermée en 2006. 

Beaucoup reste à faire 

Des conditions «loyales» de négociations ont été trouvées, selon l'avocate des salariés, Me Caroline Substelny. 

Mais «il n'y a pas de négociations sur les montants pour le moment» a toutefois souligné l'avocat de la direction, Me François Farmine, qui indique en creux que si «le fil du dialogue» a repris, beaucoup reste à faire. 

Deux commissaires aux comptes, un désigné par la direction et l'autre par le comité d'entreprise, doivent éplucher les comptes du groupe et se prononcer sur les demandes des salariés en matière d'indemnités de départ, a indiqué Hervé Mallet (FO), de l'intersyndicale. 

«On débranche juste le détonateur, c'est tout» 

Un conciliateur recueillera les avis de ces deux commissaires et rendra ses conclusions que l'Etat s'est «engagé à favoriser», selon Hervé Mallet. 

En attendant, le maire UMP de la ville, Arnaud Foubert, qui craignait un «acte désespéré», n'a pas caché samedi son soulagement de voir s'éloigner au moins provisoirement le spectre de l'explosion de cette citerne de près de cinq mètres de long, que les salariés menaçaient d'incendier depuis jeudi.

«Ce n'est pas fini, a toutefois prévenu Patrick Testar (CFDT), de l'intersyndicale. Si mercredi on n'arrive pas à des avancées positives, on a bien précisé à notre préfet qu'on débranche juste le détonateur, c'est tout».

Une vingtaine de salariés ont passé une deuxième nuit dans l'usine, avant une réunion prévue samedi pour décider des suites du mouvement. Les salariés devaient ensuite passer le week-end de Pâques en famille.