Le gouvernement veut tordre le coup aux TMS

SANTE Eric Woerth lance le troisième volet d'une campagne de prévention...

Delphine Bancaud

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Tendinites, douleurs au poignet, lombalgies... Les troubles musculo-squelettiques (TMS) ont progressé de 18% depuis 10 ans. Pour s'attaquer à ce fléau, le ministre du Travail, Eric Woerth, a lancé ce jeudi le troisième volet d'une campagne de communication sur la prévention des TMS. Elle visera notamment les chefs d'entreprises du bâtiment, de la grande distribution et de l'agroalimentaire pour leur montrer comment se prémunir contre ces maux.

Le ministre compte ainsi inciter les employeurs à mettre en œuvre des plans d'actions: «Prévenir les TMS requiert peu d'investissement. Il faut par exemple, réfléchir à l'adaptation de certains postes avec un ergonome ou à une réorganisation du travail pour faire tourner les salariés dans la journée sur différentes tâches» explique-t-il. En mobilisant tous azimuts, le gouvernement espère réduire de 25% le nombre d'accidents du travail dans les quatre à cinq ans.

Un coût lourd pour la société

Car l'enjeu est grave: les TMS représentent les trois quarts des maladies professionnelles en France. Leur coût est donc important: en 2008, 40.000 personnes souffrant de TMS ont été indemnisées par le régime général de la sécurité sociale, ce qui a généré une addition de 847 millions d'euros. Il est donc plus que jamais urgent d’agir.

TEMOIGNAGE

«Salariée d’une usine de cartonnage pendant 38 ans, j'ai passé plus la moitié de ma vie à répéter les mêmes gestes» raconte Nadia, 57 ans, habitante d’une petite ville d’Eure et Loire. «Mes missions quotidiennes: décortiquer des cartons, ramasser des découpes… Et ce pendant 8 heures par jour, avec 20 minutes de pause dans la journée. Il y a cinq ans, j’ai commencé à ressentir des douleurs aux épaules, aux poignets et aux doigts. S’en sont suivis plusieurs arrêts maladie.

Cela fait deux ans que je n’ai pas remis les pieds au travail car je souffre de six pathologies: deux tendinites, deux syndromes du canal carpien, des douleurs aux deux épaules. Certains gestes du quotidien me sont devenus difficiles: j’ai par exemple du mal à étendre le linge, à faire les carreaux… Pour le moment, je suis indemnisée à hauteur de mon ancien salaire mais pour combien de temps? Je n’ai pas d’espoir de guérison donc je sais que je ne retravaillerai plus jamais. Aujourd’hui, j’en veux vraiment à mon entreprise qui n’a pas accepté de me changer de poste quand je lui demandais.»