L'Etat retire voitures et protection à plusieurs personnalités politiques

E.O. avec agence

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Christian Estrosi le 22 septembre 2009
Christian Estrosi le 22 septembre 2009 — SIPA/FAYOLLE PASCAL

Rachida Dati n’est pas la seule à être privée de ses petits privilèges. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a retiré à plusieurs personnalités les voitures et officiers de sécurité qui leur avaient été attribués lorsqu'elles étaient en fonction, a-t-on appris mercredi dans son entourage.

«Le dernier rapport de la Cour des comptes nous avait épinglés à propos du nombre de voitures et de fonctionnaires qui étaient dehors et que la Cour jugeait excessif au regard des réelles nécessités», a rappelé à l'AFP mercredi un haut fonctionnaire de la police nationale.

La règle des six mois

C'est dans ce cadre que le ministre a demandé au directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, proche de Nicolas Sarkozy, de lui faire des propositions «pour réduire la voilure», selon la même source.

Outre le président de la République et le Premier ministre, «on accorde un véhicule et des officiers de sécurité aux membres du gouvernement, ministres et secrétaires d'Etat», a poursuivi cette source. La coutume, sinon la règle, veut que lorsque les membres du gouvernement le quitte, ils conservent voiture et protection «pendant six mois».

D'autres peuvent bénéficier de ces avantages au-delà de cette période, mais «on prend en compte le seul critère de menaces éventuelles qui pèseraient sur ces personnalités pour continuer d'assurer leur protection», précise la même source.

Jean-François Copé aussi

Dans le cas de Rachida Dati, le délai «était largement écoulé», relevait-on mercredi Place Beauvau. L’ancienne Garde des sceaux a en effet quitté son poste en juin 2009, après son élection au Parlement européen. Mais elle n'est pas la seule. Selon le figaro.fr, le même dispositif a été retiré a plusieurs autres anciens ministres ou personnalités diverses tels que Michel Charasse, ancien ministre de François Mitterrand, et de Christian Poncelet, ex-président du Sénat.

Par ailleurs, selon Europe1.fr, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, devrait lui aussi être privé de voiture et de protection.

Il a d’autre part été décidé d' «alléger le dispositif de certains ministres en activité, comme Christian Estrosi (Industrie) et Bruno Le Maire (Agriculture)», a indiqué l'Intérieur. «Au total, nous devrions récupérer une dizaine de véhicules et une quarantaine de fonctionnaires», estime la direction générale de la police nationale.

Selon une étude de la direction générale de la police nationale, le coût moyen de la protection d'une personnalité institutionnelle ou gouvernementale est de l'ordre de 66.000 euros par fonctionnaire et de 72.000 euros par fonctionnaire pour une personnalité civile. La masse salariale représente 90% de ce coût. La cinquantaine de personnalités civiles représentent un coût annuel moyen de 173.000 euros par personnalité protégée.