Un vigile retrouvé mort dans le canal de l'Ourcq

FAITS-DIVERS Il aurait été pris à partie par des clients mécontents...

B.D. avec agence

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Carte de localisation de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, où un vigile retrouvé mort dans un canal, le 31 mars 2010.
Carte de localisation de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, où un vigile retrouvé mort dans un canal, le 31 mars 2010. — IDE

Le vigile d'un magasin de Bobigny, porté disparu mardi soir après une altercation avec des clients, a été retrouvé mort ce mercredi dans un canal. L'affaire pourrait avoir un caractère raciste. Six personnes âgées de 19 à 27 ans ont été interpellées et placées en garde à vue mardi soir.

Des hommes-grenouilles ont plongé dès mardi soir puis mercredi après-midi dans le canal. Le corps a été retrouvé en milieu d'après-midi. Le vigile, un homme de 36 ans d'origine marocaine, ravaillait depuis environ deux ans pour une société de sécurité, employée par un magasin de bricolage, selon son frère. Avec une dizaine de proches, ce dernier a attendu au bord du canal, jusqu'à ce que le corps soit repêché.

Les circonstances de la mort «confuses»

L'autopsie qui devrait permettre de déterminer avec précision les circonstances de la mort du vigile doit être pratiquée jeudi matin, a-t-on appris de source judiciaire. Les enquêteurs qui tentaient mercredi de reconstituer les faits les ont qualifiés de «confus».

Mardi, vers 19h30, un jeune homme s'est présenté dans un magasin de bricolage qui était en train de fermer, se heurtant au refus du vigile qui l'a empêché d'entrer. Il est revenu avec des proches. Une altercation aurait ensuite eu lieu, avec des insultes et des échanges de coups. Voulant échapper à ses agresseurs, le vigile se serait jeté dans le canal de l'Ourcq, qui passe derrière le magasin, a indiqué une source policière au tout début de l'enquête. Cependant, dans l'après-midi, les enquêteurs cherchaient à déterminer si le vigile avait ou non été poussé dans le canal, ce que laissent entendre des proches.

Insultes à caractère antisémite?

Les gardés à vue assurent de leur côté qu'on ne les a pas laissé entrer dans le magasin parce qu'ils sont juifs et affirment avoir été victimes d'insultes à caractère antisémite, a-t-on appris de source judiciaire. Ils ne reconnaissent ni avoir porté des coups à la victime ni l'avoir poussée dans le canal. Un employé du magasin, ayant requis l'anonymat et qui dit avoir été présent au moment des faits mardi soir, a affirmé avoir «vu des coups» et «entendu beaucoup d'insultes, mais pas d'insultes racistes».

Il a affirmé que le vigile avait réussi à asperger les agresseurs avec sa bombe lacrymogène et a insisté sur la violence de l'agression. «Pour moi, c'est juste un groupe de voyous qui s'est attaqué à une personne sans problème; ça aurait pu être moi ou n'importe qui», a-t-il dit. L'enquête a d'abord été confiée à la police locale puis à la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris.

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