Nicolas Sarkozy ne reviendra pas sur le bouclier fiscal

V. V.

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Les 19 000 bénéficiaires du bouclier fiscal ont dû souffler. Recevant les députés de la majorité hier soir, Nicolas Sarkozy a expliqué qu'il ne reviendrait pas sur cette mesure phare de son quinquennat, qui coûte tout de même 563 millions d'euros aux finances publiques. « Ne touchez pas au bouclier fiscal », a ainsi demandé le chef de l'Etat aux parlementaires.
« Le bouclier fiscal, c'est plus qu'un engagement de campagne, c'est une vraie conviction de la part de la majorité : si nous voulons attirer des investisseurs dans notre pays, il fallait mettre fin à un système fiscal confiscatoire », avait indiqué Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement quelques minutes auparavant.
« Ce n'est pas étonnant, a réagi Michel Sapin, secrétaire national du PS en charge de l'économie. C'est l'un des fondements du sarkozysme. »

« Le boulet fiscal »
Le problème, c'est que c'est aussi une épine dans le pied des députés de la majorité. Inquiets pour leur réélection en 2012, ils ont, ces derniers jours, tiré à boulets rouge sur ce dispositif. « C'est devenu le boulet fiscal, a ainsi commenté Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes. La belle leçon italienne doit être méditée. Berlusconi a gagné, lui, aux régionales, parce qu'il fait la politique pour laquelle il a été élu. »
Mais, hier soir, dans cette réunion « libre » et « pas du tout scénarisée » aux dires de Jean-François Copé, le chef de l'Etat est resté droit dans ses bottes sur ce bouclier fiscal que même le maire de Bordeaux, Alain Juppé, demandait de modifier. Las, le PS a de son côté annoncé qu'il allait déposer une proposition de loi pour demander son abrogation.