Du faux gel dans des faux seins

Ingrid Gallou

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En cas de rupture d'une prothèse, les patientes devront subir une nouvelle opération.
En cas de rupture d'une prothèse, les patientes devront subir une nouvelle opération. — BANOS / TPH / SIPA

Des prothèses mammaires fabriquées par le leader français du secteur vont être retirées du marché. Du « jamais vu en dix ans d'inspection », selon

l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) qui a décidé de ce retrait, avant-hier. Alertée par un taux de rupture deux fois supérieur aux autres produits, l'agence a découvert que le fabricant, Poly implant prothèse (PIP), installé à La Seyne-sur-Mer (Var), utilisait un gel différent de celui déclaré. Entre 1 000 et 2 000 patientes seraient concernées.
D'après le Dr François Perrogon, président de l'Association pour l'information sur la médecine et la chirurgie esthétique, l'entreprise avait déjà dû faire face au retrait d'une prothèse à l'hydrogel avant 2000.
Le tribunal de commerce de Toulon, ayant prononcé la liquidation judiciaire de l'entreprise, en proie à des difficultés financières, les patientes concernées ne devraient pas pouvoir exercer de recours en cas de nouvelle opération, selon François Perrogon. Pour sa part, Bruno Alfandari, président du Syndicat national de la chirurgie plastique se veut plus rassurant. « Je dois être reçu au ministère de la Santé pour entamer des négociations concernant les opérations conventionnées [réparatrices]. Nous ferons au mieux pour les autres [celles ayant bénéficié d'une chirurgie esthétique]. »
La société PIP bénéficiait d'une « bonne réputation » dans son secteur. « Moi-même, j'aurais pu travailler avec elle et ne pas avoir l'impression de faire de mal », assure Bruno Alfandari.
La liquidation judiciaire de l'entreprise, prononcée mardi, va entraîner le licenciement de 100 salariés et la fermeture du site.