La droite commence à fissurer le bouclier fiscal

POLITIQUE

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Pour l'instant, François Fillon tient bon. Mais le bouclier fiscal prend de plus en plus de coups. Qui, en plus, viennent désormais de son propre camp. Hier, Alain Juppé a répété qu'il fallait aménager la règle qui plafonne les impôts à 50% des revenus du contribuable. «Cela ne me choquerait pas qu'on demande aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire vis-à-vis de ceux qui souffrent», a-t-il lâché.

 

«C'est prématuré»

 

Et il n'est plus le seul à droite à tenir cette position. Lundi, lors du séminaire de la majorité, le sénateur Jean-Pierre Fourcade a carrément demandé la suspension de la mesure «tant que la situation financière» du pays ne s'améliore pas, ont rapporté à l'AFP plusieurs participants. Même le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a évolué sur le sujet. Farouche défenseur de la mesure sarkozyste jusqu'à présent, il se fait désormais plus prudent. «C'est prématuré» d'évoquer le sujet. Mais «je n'ai pas une religion totalement définitive.»

François Fillon, si. Dans une interview au Journal du Dimanche ce week-end, il s'est refusé à envisager une abrogation, qualifiant «d'argument démagogique» la suppression du bouclier fiscal afin d'envoyer un signe de justice sociale au pays.