Syndicat Synergie: «Si on n'a pas le droit de dire qu'un avocat travaille contre rémunération...»

INTERVIEW Patrice Ribeiro, secrétaire général adjoint, réagit au procès de son syndicat, face à l'Ordre des avocats...

Propos recueillis par Oriane Raffin

— 

Un homme placé en cellule de garde à vue dans un commissariat.
Un homme placé en cellule de garde à vue dans un commissariat. — DORIGNY/SIPA

Les avocats qui attaquent les policiers. Ce lundi, un procès s’est ouvert opposant le Conseil de l’ordre des avocats de Paris au syndicat de policiers Synergie. Les avocats déplorent des propos «gravement outrageants à l'égard de la profession d'avocat». Concrètement, les avocats en ont assez d'être taxés de cupidité par des policiers qui, eux, sont fatigués qu'on vienne leur faire la leçon sur leur manière de gérer les gardes à vue. Patrice Ribeiro, secrétaire général adjoint du syndicat donne son point de vue.

Comment réagissez-vous face au procès?
On aurait préféré avoir ce débat lors d’un colloque, comme ça se passe d’habitude, sans porter tout ça devant un tribunal. D’autant qu’il s’agit là d’un détournement de procédure, car nous ne sommes pas poursuivis pour diffamation mais dans le cadre d’une procédure civile, pour faute, pour entraver notre liberté d’expression. Mais il y a un problème de personne, avec l’ancien bâtonnier. D’ailleurs, le nouveau n’est même pas venu...

Comment vous positionnez-vous aujourd’hui par rapport à vos propos?

On réaffirme ce qu’on avait dit à l’époque. Il y a une stigmatisation des policiers, avec certains avocats qui se sont déchaînés contre la police. Nous sommes en état de légitime défense, on a expliqué que la campagne des avocats n’était pas motivée que par de grandes idées. Les avocats ne sont pas les défenseurs des libertés publiques, comme les magistrats, ce sont les défenseurs d’un client, qui les rémunère. Il y a donc toujours cette ambiguïté.

Qu’attendez-vous du procès?
On attend qu’on nous dise si on a le droit à la liberté d’expression, et si on a le droit de critiquer un ordre. On attend aussi de ne pas être condamné, car si on n’a pas le droit de dire qu’un avocat travaille contre rémunération...