Perpétuité pour les deux meurtriers du choriste des Bérurier Noir

JUSTICE Ils avaient sans raison sauvagement torturé puis tué leur victime, rencontrée par hasard...

Avec agence

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Jimmy Lemaître, 31 ans, et Jason Caillaud, 22 ans, ont été condamnés dans la nuit de mercredi à jeudi par la cour d'assises d'Indre-et-Loire à la réclusion criminelle à perpétuité. Après huit heures de délibérations, la cour d'assises a assorti les condamnations d'une peine de sûreté de 20 ans pour les deux accusés, qui n'ont pas réagi à l'annonce du verdict. Ils ont dix jours pour faire appel.

«Nous sommes satisfaits du verdict. C'est un soulagement. Mais on ne saura jamais la vérité», a regretté Fabien Reniche, l'un des frères de la victime. L'avocate générale Emmanuelle Barre avait requis la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans pour Caillaud et de 20 ans pour Lemaître.

Le corps mutilé et brûlé de Philippe Reniche, 45 ans, père de deux enfants, sans emploi fixe, résidant seul à Loudun (Vienne), ex-choriste du groupe rock Bérurier Noir, avait été retrouvé le 16 août 2007 par une femme qui promenait son chien à la lisière d'un bois à Jaulnay (Indre-et-Loire).

«Je l'ai tué pour rien»

«Malheureusement, je n'ai pas de raison. Tout s'est enchaîné. Je suis sincèrement désolé», a dit Lemaître. «Je l'ai tué pour rien. Je ne peux pas le ramener. J'essaie de me pardonner à moi-même», a lâché Caillaud.

Les deux hommes, tous deux passionnés de films violents et de séries policières, étaient jugés pour «meurtre avec préméditation, actes de torture et de barbarie, enlèvement et séquestration suivis de mort».

Durant sept jours, ils n'ont donné aucune explication à leur geste: arrêter leur voiture, se jeter sur l'homme qui faisait du stop, en sortant d'une boîte de nuit dont eux-mêmes revenaient, le soumettre une série d'actes de violence sordide pour finalement le tuer. Pendant les débats, les accusés avaient l'un évoqué «une escalade» de violences, l'autre «une exécution finale» à coup de pelle, «sans motif».

Pourtant, le président Georges Domergue a insisté. «Je ne me souviens pas», répond Lemaître. «J'ai zappé», dit Caillaud. «Je pense qu'il y a quelque chose à comprendre. Les accusés ne disent pas tout», estime Fabien Reniche. Pour l'avocate générale, «Lemaître est l'investigateur, Caillaud, le bras armé d'un crime digne des pires massacres en temps de guerre».

Risque de récidive

Estimant que «compte tenu de leur personnalité, il y a risque de récidive», elle avait requis la perpétuité. Lemaître, animateur pour adolescents, marié et père de trois enfants, et Caillaud, sans profession, déjà condamné par la justice, s'étaient connus deux mois avant les faits.

Décrits par les experts comme des «déséquilibrés» et des «asociaux», mais «pas des malades mentaux», les deux accusés étaient, selon les spécialistes, «conscients au moment des faits», un long supplice de trois heures.

Trois co-accusés ont été condamnés à un an avec sursis, six mois ferme et un an ferme. Deux autres ont été acquittés. Les cinq, trois hommes et deux femmes, âgées de 24 à 28 ans, étaient poursuivis pour non-dénonciation de crime. L'avocate générale avait requis entre un et quatre ans de prison, avec deux mandats de dépôt.