Grippe A (H1N1): Roselyne Bachelot s'est expliquée face à la commission d'enquête

SANTE Il a été demandé à la ministre d'éclaircir le rôle exact des laboratoires dans la gestion de la pandémie et de la campagne de vaccination...

J.M. avec agence

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La ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot se fait vacciner contre la grippe A lors de sa visite d'un centre de vaccination dans le 14e arrondissement à Paris, le 12 novembre 2009.
La ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot se fait vacciner contre la grippe A lors de sa visite d'un centre de vaccination dans le 14e arrondissement à Paris, le 12 novembre 2009. — SIPA

Achat en masse de vaccins, indépendance des experts, information des médecins généralistes, négociations avec les laboratoires: la ministre de la santé, Roselyne Bachelot , a défendu tous azimuts ce mardi au Sénat sa gestion de la lutte contre la pandémie de grippe H1N1.

La commission d'enquête chargée de plancher sur le «rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le gouvernement de la grippe H1N1» avait été mise en place à l'initiative des communistes et du Parti de gauche. Elle était présidée par François Autain (Parti de gauche), et son rapporteur était Alain Milon (UMP).

Nouvel interrogatoire pour la ministre

Pourquoi 94 millions de doses achetées, pourquoi des commandes fermes, les experts sont-ils vraiment impartiaux, pourquoi les médecins généralistes ont-ils été tenus à l'écart, où en sont les négociations avec les laboratoires? Les sénateurs ont balayé tous les sujets, lors d'une audition au ton parfois âpre, qui devait durer une heure et qui s'est prolongée pendant plus de deux heures et demie.

La ministre a cependant l'habitude de l'exercice. Depuis septembre, elle a déjà été entendue à plusieurs reprises sur ce thème à l'Assemblée nationale. Et, en ce lendemain de remaniement, elle a conservé son portefeuille.

«Les liens d'intérêt ne sont pas forcément des conflits d'intérêt»

François Autain a insisté sur l'influence des laboratoires pharmaceutiques et sur les liens d'intérêt des experts, auxquels la loi impose de préciser les intérêts qu'ils peuvent avoir dans une affaire du fait notamment de leurs liens avec les laboratoires. Mais leurs déclarations ne sont pas vérifiées, et il n'y a pas de sanction en cas d'omission.

«Ce n'est pas parce qu'un expert va travailler pour un laboratoire que son expertise n'est pas valable ou qu'elle est orientée», a répondu Roselyne Bachelot . «Les liens d'intérêt ne sont pas forcément des conflits d'intérêt».

Un contrat d'indemnisation signé avec Novartis

«Nous devons mobiliser les professionnels les plus compétents, et dans un domaine donné leur nombre est compté», a-t-elle souligné. Elle a estimé aussi que les expertises étaient toujours rendues «de facon collégiale et plurielle» et que cela représentait «une garantie».

La ministre a fait aussi le point sur les négociations avec les laboratoires suite à l'annulation de commandes de vaccins, sans donner aucune information nouvelle par rapport à celles rapportées le matin même par le Figaro et confirmées à l'Assemblée. Elle a redit qu'un contrat d'indemnisation avait été signé avec le seul laboratoire Novartis, d'un montant de 16% du contrat initial, et que les négociations «continuent» avec les autres laboratoires, GSK et Sanofi-Pasteur.

«Les quantités obtenues au début étant proportionnelles aux quantités commandées»

Rappelant que les acquisitions de 94 millions de doses avaient été «dimensionnées de façon a pouvoir proposer la vaccination à l'ensemble de la population», elle a souligné que les laboratoires étaient «en position de force» et demandaient «des commandes fermes», «les quantités obtenues au début étant proportionnelles aux quantités commandées».

Roselyne Bachelot a listé le nombre de fois où elle a rencontré les médecins généralistes, les pharmaciens et les infirmières, assurant qu'on ne «pouvait pas dire qu'on ne les a pas écoutés». La ministre a également violemment critiqué les autorités de santé polonaises qui n'ont pas lancé de campagne de vaccination. Ironique, le sénateur Autain a glissé: «Au moins elles n'ont pas besoin de les revendre maintenant...»