Le professeur de droit Jacques Viguier a été acquitté le 20 mars 2010.
Le professeur de droit Jacques Viguier a été acquitté le 20 mars 2010. — E.CABANIS/AFP

JUSTICE

Jacques Viguier espère un avenir «plutôt rose» en compagnie de ses trois enfants

Il dit également son épuisement après 10 ans de procédure judiciaire...

Jacques Viguier, acquitté samedi une deuxième fois du meurtre de sa femme, et ne risquant plus d’être poursuivi dans cette affaire, se livre dans une interview exclusive au Figaro de ce lundi. L’entretien a eu lieu dimanche matin, quelques heures avant que le parquet général renonce à déposer un pourvoi en cassation.

Le professeur de droit toulousain se dit «épuisé par dix années de combat», et raconte que les «critiques injustes» des anonymes ont été très difficiles à supporter, durant ces longues années d’instruction. Mais, ce qui l'a «le plus choqué, c'est d'avoir été traité de ‘monstre’ par la juge d'instruction et d' ‘ordure’ par des policiers.» Jacques Viguier admet cependant que son comportement a pu sembler étrange, même s’il se «considère comme plutôt normal», et a sans doute contribué à attiser les doutes de la police et de la justice.

Ses 9 mois de détention provisoire, une «expérience de vie»

Il critique la police, qui «a bien fait son travail» en convaincant «à tort» les sœurs de sa femme qu’il était coupable, mais aussi l'amant de sa femme, Olivier Durandet, qui a joué un «rôle important» dans l’affaire. «J’ai compris d'où tout venait», raconte-t-il.

Il parle également des neuf mois passés en détention provisoire en 2000, et pour lesquels il compte demander réparation, qui ont été «une injustice et une expérience de vie», et de ses liens avec ses trois enfants, renforcés par le drame qu’il a vécu. Jacques Viguier explique d’ailleurs qu’ils vont être sa préoccupation principale désormais, dans un futur qu’il espère «plutôt rose».

Et lorsqu’on lui demande s’il pense qu’on saura un jour ce qui est arrivé à sa femme, Suzanne Viguier, il répond: «Plus le temps passe et plus j'en doute, comme tout le monde», avant de répéter: «Je ne sais qu'une chose: je ne l'ai pas tuée.»