Jacques Viguier va demander «une petite réparation matérielle»

JUSTICE Acquitté pour la seconde fois du meurtre de sa femme, le professeur de droit toulousain savoure sa dignité et sa liberté retrouvées...

B.D. avec agence

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Le professeur de droit Jacques Viguier a été acquitté le 20 mars 2010.
Le professeur de droit Jacques Viguier a été acquitté le 20 mars 2010. — E.CABANIS/AFP

Il demande réparation. Jacques Viguier, acquitté en appel à Albi du meurtre de sa femme, a affirmé dimanche sur RTL qu'il demanderait «une petite réparation matérielle» pour ses neuf mois de détention provisoire en 2000.

Le professeur de droit toulousain, qui a été à nouveau acquitté samedi par la cour d'assises du Tarn du meurtre de sa femme Suzanne, disparue mystérieusement le 27 février 2000, a précisé qu'il était «évident» qu'il allait demander réparation : «Une petite réparation matérielle me paraît normale».

Crainte d'un recours

Acquitté une fois en avril 2009 par la cour d'assises de la Haute-Garonne, Jacques Viguier a souligné qu'il avait été placé en mai 2000 en détention provisoire pendant neuf mois.

 

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«J'ai retrouvé ma liberté, ma dignité», a déclaré par ailleurs Jacques Viguier. «Cette liberté, a-t-il ajouté, est fondamentale pour moi.» Par ailleurs, concernant la possibilité encore ouverte d'un recours en cassation pour vice de forme, il a reconnu : «On redoute toujours qu'un recours soit fait. Je ne serai libéré dans ma tête que dans quelques mois.»

Acquitté parce que le dossier était «vide»

Le professeur a aussi souligné qu'il ne serait totalement libéré que «quand on saura ce qu'est devenue Susi», sa femme. «C'est une souffrance de vivre dans l'incertitude sur ce point», a-t-il affirmé.

«Je pense que j'ai été acquitté parce qu'il y avait un dossier vide», a estimé le professeur, qui reconnaît avoir commencé ce second procès en assises «en forme. Puis la fatigue est venue et j'ai fini le procès entre les deux». «C'est l'amour qui a existé avec mes trois enfants qui m'a permis de vivre, de survivre, pendant ces dix ans», a enfin ajouté Jacques Viguier, qui n'a jamais cessé d'enseigner.