Sylvie Mennesson: «On ne comprend pas l’acharnement»

INTERVIEW Sylvie Mennesson, la mère de deux jumelles nées grâce à une mère porteuse aux Etats-Unis est inquiète en attendant la décision de la cour d'appel...

Propos recueillis par Vincent Vantighem

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Les jumelles Mennesson sont nées
d'une mère porteuse aux Etats-Unis.
Les jumelles Mennesson sont nées d'une mère porteuse aux Etats-Unis. — P. VERDY / AFP

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui?

On est inquiets avec Dominique. Tout est possible. Le pire comme le meilleur. On l’a vu par le passé. Par deux fois, la justice nous a donné raison (Le TGI de Paris (en 2005) puis la cour d’appel (en 2007) a privilégié «l’intérêt supérieur des enfants» avant que la cour de cassation (en 2008) ne casse le jugement. Aujourd’hui, on ne comprend pas l’acharnement. Comment peut-on s’en prendre ainsi à une famille qui ne demande qu’à vivre?

Vos deux filles en sont affectées?

Oui, elles ont neuf ans. Elles sont en CM1. Elles ont appris à lire, à écrire. Elles comprennent. A tel point qu’elles ont demandé à être entendues par les juges pour s’expliquer. Elles en pâtissent évidemment. Un enfant de neuf ans ne devrait jamais avoir affaire avec la justice. Elles ont dû grandir trop vite.

Si jamais la procédure va à son terme, vos filles pourraient se retrouver sans-papiers en France ?

On n’y pense pas pour l’instant. Cela entraînerait de vraies complications dans la vie quotidienne. Si un jour elles sont expulsées aux USA à cause de ça, on partirait tout de suite avec elles…