Hervé Morin: «Je ne voulais pas d'un système de quotas»

EXCLUSIF Le bilan de l'égalité des chances dans l'armée a été remis au ministre de la Défense...

Propos recueillis par Vincent Vantighem

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Le ministre français de la Défense Hervé Morin a indiqué dimanche qu'il faudra trois ans pour que la France redevienne "la tête et les jambes" de l'Otan après son retour dans le commandement militaire intégré de l'Alliance atlantique.
Le ministre français de la Défense Hervé Morin a indiqué dimanche qu'il faudra trois ans pour que la France redevienne "la tête et les jambes" de l'Otan après son retour dans le commandement militaire intégré de l'Alliance atlantique. — Saul Loeb AFP
Pourquoi avez-vous lancé un plan «Egalité des chances» dans l’armée en septembre 2007?
L’armée a toujours accueilli des jeunes issus de tous les milieux sociaux. En septembre 2007, j’ai décidé d’aller plus loin en permettant à plus de jeunes issus de milieux modestes d’accéder aux grandes carrières militaires.

Quelles sont les mesures phares?
Les six lycées militaires, jusqu’alors réservés aux enfants du personnel de la Défense, sont désormais accessibles aux enfants dont les parents ne sont pas dans l’armée. Aujourd’hui, ces lycées accueillent 15% d’élèves issus de foyers modestes (360 élèves). Nous avons aussi créé des classes «tampons» qui préparent à l’entrée à toutes les grandes écoles. Pas seulement à Saint-Cyr. En 2010, près de 150 élèves, dont plus de la moitié sont boursiers, en bénéficient. En parallèle, 350 jeunes en difficulté sont «tutorés» par des étudiants de l’armée. On propose également 5.000 offres de stages au sein du ministère.

Et la parité dans tout ça?
Aujourd’hui, nous comptons 12% de femmes dans nos effectifs. Nous n’avons pas d’objectifs particuliers en la matière. Mais il n’y a aucun obstacle pour les femmes. Avec l’ouverture des grandes écoles de l’armée, elles peuvent prétendre à presque tous les postes.

Il y a deux ans, le ministère n’était pas en règle sur l’accueil des handicapés…
C’est vrai. Nous étions à 4,5% des personnels civils. C’est toujours la même chose: l’Etat impose des règles qu’il ne respecte pas lui-même… Aujourd’hui, nous sommes à 6%. On avance. D’ailleurs, on doit encore recruter 150 personnes handicapées.

Et pourquoi pas des quotas?
Je n’y suis pas favorable. Avec toutes ces mesures d’ouverture, les choses vont se faire naturellement dans les prochaines années.