Auto-séquestrée, la présidente de l'Umih a porté plainte pour harcèlement

SOCIAL Elle veut faire invalider l'élection de son remplaçant. En attendant, elle fait du stretching...

J. M. avec agence

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La présidente de l'UMIH Christine Pujol, à Paris, le 18 mars 2009
La présidente de l'UMIH Christine Pujol, à Paris, le 18 mars 2009 — MEIGNEUX/SIPA

La présidente contestée du plus puissant syndicat de l'hôtellerie-restauration, l'Umih, Christine Pujol, a porté plainte pour harcèlement et comptait empêcher la tenue, ce lundi, d'élections pour un nouveau président. Chou blanc, puisque Roland Héguy, président de la section basque de l'organisation, a été élu ce lundi avec 80,2% des voix, en tandem avec Hervé Becam, président de l'Umih Finistère, au poste de vice-président.

«Il n'y a aucun harcèlement», répond l'avocat de la nouvelle direction, puisque la présidente sortante et sa collaboratrice «s'autoséquestrent» et restent «entièrement libres à tout moment de quitter le siège de l'Umih».

Plus de papier toilette

Depuis mercredi, Christine Pujol campe en effet dans son bureau. Elle dort sur la moquette, se fait ravitailler en nourriture par des proches qui déposent des vivres dans un sac que l'ex-présidente remonte jusqu'au 3e étage à l'aide d'un cable d'antenne. Un cordon qui «a été coupé au couteau pour nous empêcher de regarder la télévision», a-t-elle expliqué. Alors, pour passer le temps et se «maintenir en forme, n'être ni énervée ni déprimée», elle fait «un peu de gym et de stretching».

Christine Pujol a aussi accès aux toilettes, situées dans le couloir, à proximité de son bureau, mais le rouleau de papier hygiénique n'a pas été renouvelé. «On peut sortir du bureau, mais si on sort on ne pourra plus revenir», a-t-elle détaillé. Suffisant, selon elle pour déposer plainte pour harcèlement. Christine Pujol conteste en effet les «agissements intolérables dont elle a fait l'objet».

Elle veut invalider les nouvelles élections

Présidente en titre du plus puissant syndicat de l'hôtellerie-restauration, elle avait été destituée en novembre lors d'une assemblée générale extraordinaire (AGE) convoquée par ses détracteurs, conduits par André Daguin. Pour protester contre cette situation, elle a pénétré de force mercredi dans son bureau au siège du syndicat, auquel elle n'avait plus accès depuis trois mois.

Dans un communiqué, Christine Pujol indiquait vouloir «invalider» les élections de ce lundi. Elle avait également demandé que les présidents de départements n'y participent pas. Selon les nouveaux élus, seuls «5 ou 6» sur 102 n'ont pas pris part au vote.