série noire pour les bijoutiers

A Lyon, Frédéric Crouzet

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Vendredi dernier, peu avant 8 h 30. Trois hommes vêtus de noirs, cagoulés et lourdement armés, font main basse sur la vitrine d'une bijouterie lyonnaise, puis, dans leur fuite, ouvrent le feu sur la voiture de police qui les suit. Il s'agit de la huitième attaque de bijouterie ou d'atelier depuis fin 2009 dans la ville, la troisième depuis le début de la semaine. Une série noire qui suscite exaspération et inquiétudes dans la profession.

« Nous avons dépassé le simple ras-le-bol. Nos adhérents ont peur. Certains veulent même cesser leur activité », résume Roland Bernard, président du syndicat régional des fabricants de bijoux. Les bijoutiers se disent désormais en « situation de guerre déclarée » contre les malfrats, d'autant que plusieurs employés et patrons d'atelier ont été pris en otage par les malfaiteurs.

« Plus de 300 kg de métal ont été volés ces derniers mois à Lyon », calcule Gérard Drahy, directeur du groupe Dufaud, assureur en bijouterie. Pour lui, cette situation « inédite » est l'oeuvre d'un « même gang, très organisé et bien renseigné ». La police judiciaire de Lyon préfère évoquer une « équipe à tiroirs », un groupe de malfrats qui « se connaissent et se partagent les cibles ». Tous attirés par l'or, métal facile à revendre et dont le prix, en hausse de 40 % en un an, atteint 27 000 euros le kilo. W