Une Vague rose et une abstention record

Ingrid Gallou

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Martine Aubry se gardait de tout triomphalisme, hier soir,à l'annonce des résultats.
Martine Aubry se gardait de tout triomphalisme, hier soir,à l'annonce des résultats. — I. LANGSDON / EPA / SIPA

Historique. L'abstention, aussi redoutée qu'attendue, était au rendez-vous

hier lors du premier tour des élections régionales. Selon le ministère de l'Intérieur hier à 23 h, elle atteignait le record de 53,27 % (lire ci-dessous). Historique aussi, le score du Parti socialiste, qualifié de « premier parti de France » par François Hollande. Le PS atteignait 29,1 % des suffrages d'après Opinion Way. Il faut remonter aux européennes de 2004 pour retrouver un PS si élevé. Pari presque gagné, donc, pour Martine Aubry, qui se gardait de triomphalisme, se bornant à un « Tout est possible. »

Face à la montée de la gauche, l'UMP (27,3 %) perd sa place de première formation politique. Mais « comment parler d'un vote sanction, se défendait hier Xavier Bertrand, secrétaire général du parti, quand moins d'un électeur sur deux est allé voter ? » De fait, le désaveu est flagrant pour le président de la République et son gouvernement, qui s'étaient jetés dans la campagne avec 20 ministres. Ce mauvaise score survient après des réformes contestées et des polémiques suscitées par le chef de l'Etat, dont sa politique d'ouverture. Avec 13,1 % des suffrages, Europe Ecologie s'impose comme la troisième force politique du pays. Autre tendance remarquable de cette élection dont les résultats définitifs étaient attendus dans la nuit, la renaissance du Front national, crédité de 11, 2 % par les sondeurs. De quoi handicaper un peu plus l'UMP lors de triangulaires annoncées en Paca, Alsace, Rhône-Alpes et Nord-pas-de-Calais. A l'inverse, la déception est de taille pour le MoDem, qui s'effondre à 3,4 % des suffrages - derrière le Front de gauche (5, 7 %). W