Le siège des Hôpitaux de Paris toujours occupé par les syndicats

SOCIAL Ils refusent le plan de restructuration...

Avec agence

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Des membres du personnel des Hôpitaux de Paris (AP-HP) se tiennent devant le siège de l'organisation, occupé par ses personnels, le 11 mars 2010.
Des membres du personnel des Hôpitaux de Paris (AP-HP) se tiennent devant le siège de l'organisation, occupé par ses personnels, le 11 mars 2010. — O. LABAN MATEI / AFP

Plusieurs centaines de salariés, un millier selon la police, se sont rassemblés ce vendredi dans une ambiance houleuse devant le siège de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), occupé depuis la veille par des syndicalistes, afin de dénoncer les projets de restructuration et les suppressions d'emplois envisagés par la direction.

Une centaine de personnes sont installées depuis jeudi midi dans la salle de conseil du siège de l'AP-HP (Paris 4e), a indiqué l'intersyndicale CGT-CFDT-FO-Sud santé-CFTC, alors qu'une manifestation contre la réorganisation et les suppressions de postes envisagés a eu lieu en fin de matinée ce vendredi devant ces mêmes locaux.

Des candidats aux régionales en renfort

Un groupe de manifestants a été refoulé par les forces de l'ordre alors qu'il tentait de pénétrer dans le bâtiment, où des banderoles syndicales étaient agitées aux fenêtres. Des personnalités politiques candidates aux élections régionales ont été aperçues, notamment Olivier Besancenot (NPA), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), et la première adjointe au maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo, qui a été huée par certains manifestants.

Les syndicats ont sollicité un entretien avec le directeur général de l'AP-HP, Benoît Leclercq, dont la direction a indiqué qu'il aurait lieu dans la journée dans le cadre d'un comité technique central d'établissement (CTCE) qui était déjà prévu.

Suppression de 3 à 4.000 postes

La direction veut regrouper autour de 12 groupes hospitaliers ses hôpitaux franciliens aujourd'hui au nombre de 37, un projet qui pourrait entraîner la suppression de 3 à 4.000 emplois d'ici 2012. Dans un communiqué, l'intersyndicale déclare refuser «des restructurations menées sur la seule logique comptable (...) sur le dos des malades et des personnels». Cette restructuration, selon elle, se traduirait par 300 millions d'euros d'économie d'ici 2012.

Aussi, l'intersyndicale «exige» notamment l'arrêt immédiat de la fermeture de nombreux hôpitaux de l'AP-HP, du plan social de suppressions d'emploi, qu'elle chiffre à 5.700, et le maintien de l'offre de soins sur l'Ile-de-France.

Soutien du PS et du PC

Outre l'entretien avec M. Leclercq, les syndicalistes ont également réclamé une entrevue immédiate avec le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë. Le président par délégation du Conseil d'administration (CA) de l'AP-HP, Jean-Marie Le Guen (PS), désigné à ce poste par Bertrand Delanoë, a indiqué à l'AFP s'être rendu au siège les rencontrer. «Je suis allé apporter mon soutien à leur occupation que je trouve légitime et opportune», a-t-il précisé. Bertrand Delanoë a lui jugé vendredi que le responsable était le gouvernement «qui a mis le feu» avec l'annonce de 4.000 suppressions d'emplois.

De son côté, dans un communiqué, le groupe PCF-Parti de gauche du Conseil de Paris se dit «100% solidaire» de cette action, jugeant «indispensable que la Mairie de Paris exerce une pression maximale sur la direction de l’AP-HP et tape du poing sur la table pour obtenir un moratoire sur les restructurations et les milliers de suppressions d’emplois prévues».

Cécile Duflot et les candidats Europe Ecologie ont apporté vendredi leur soutien aux personnels hospitaliers qui occupent le siège de l’AP-HP depuis jeudi, et dénoncé la "logique de court terme qui préside à la réorganisation de l’hôpital" par le gouvernement.