Deuxième nuit de séquestration pour le patron de Sullair Europe

SOCIAL Il est retenu sur le site de Montbrison (Loire) depuis mercredi soir...

Avec agence

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Le dirigeant de la filiale européenne du fabricant américain d'outils pneumatiques Sullair, retenu depuis mercredi soir par ses salariés d'une usine dans la Loire, promise à la fermeture, a passé une deuxième nuit hors de chez lui.

Après une tentative de médiation infructueuse de l’inspection du travail venue sur place, jeudi après-midi, trois élus locaux, dont le maire (PS) de Montbrison et le président de l’agglomération Loire-Forez, ont pris le relais des négociations dans la soirée, mais en vain.

«Indemnité pour préjudice moral»

Yves de Waroquier, nommé mercredi comme co-gérant de la filiale basée à Montbrison jusqu'à sa fermeture effective par le président de Sullair Corporation (groupe United Technologies), a donc passé une deuxième nuit dans l'usine, retenu par la majorité de ses 112 salariés mobilisés dans cette action, a-t-on précisé de source syndicale.

Le personnel s’estime victime de la stratégie d’une multinationale voulant fermer son site européen de fabrications de compresseurs et d’outils pneumatiques qui, selon lui, est viable. Il exige à ce titre une «indemnité pour préjudice moral» de la part de Sullair Corporation qui, de surcroît, a refusé un plan de reprise de l’activité proposé par le management qui aurait permis de sauvegarder plus des deux tiers des emplois actuels.

Prêts à tenir tout le week-end

Une médiation, conduite par un inspecteur du travail et la directrice départementale du travail, n'avait pas abouti plus tôt dans la journée et les salariés se sont dit organisés pour «rester tout le week-end s'il le faut». Yves de Waroquier avait quant à lui vainement tenté jeudi matin d'obtenir des salariés «la reprise du travail», soulignant que l'usine avait «un important carnet de commandes en souffrance.»

Le groupe américain a annoncé le 7 janvier son intention de fermer la filiale Europe et son usine de Montbrison, qui emploie 112 personnes. C'est la troisième séquestration de dirigeants dans la Loire depuis le début de l'année.