Dérapage du sénateur UMP Gérard Longuet

POLITIQUE Ses propos sur Malek Boutih créent la polémique...

Avec agence

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Le sénateur Gérard Longuet, le 1er mars 2010 à Paris.
Le sénateur Gérard Longuet, le 1er mars 2010 à Paris. — E. POL/SIPA

A l'approche du premier tour des régionales Gérard Longuet a déclenché une polémique en jugeant préférable de nommer à la Halde quelqu'un du «corps français traditionnel» plutôt que le socialiste Malek Boutih, dont le nom circule avec insistance pour remplacer Louis Schweitzer.

Malek Boutih est «un homme de grande qualité mais ce n'est pas le bon personnage» pour présider la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, a déclaré le patron des sénateurs UMP, invité mercredi de «Questions d'Info LCP/France Info/AFP».

A la question de savoir pourquoi M. Boutih ne correspondait pas, à ses yeux, au poste, il a répondu: «Parce qu'il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. Si vous voulez, les vieux Bretons et les vieux Lorrains - qui sont d'ailleurs en général Italiens ou Marocains - doivent faire l'effort sur eux-mêmes de s'ouvrir à l'extérieur».

«Si vous mettez quelqu'un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l'opération», a insisté Gérard Longuet.

Le PS scandalisé

Le PS, par la voix de son numéro deux, Harlem Désir, s'est aussitôt dit «scandalisé» par ces propos, demandant à l'UMP de les «condamner immédiatement avec la plus grande fermeté et à Gérard Longuet de présenter des excuses publiques à Malek Boutih».

«Ces propos sont, bien plus qu'un dérapage, une véritable théorie raciale totalement contraire à l'idée de la Nation républicaine et à l'égalité des droits entre les citoyens de toutes origines», a affirmé l'eurodéputé en estimant que de telles assertions méritaient une saisine de la Halde.

Fustigeant également des propos «d’un autre siècle», le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a jugé sur Public Sénat que «le rapport de la droite à l’immigration est consternant». «Ce n'est plus un dérapage, c'est une chute libre», a réagi le PCF.

«Racisme décontracté»

Faouzi Lamdaoui, membre du Conseil national du PS, a demandé à Nicolas Sarkozy «de prendre toutes les mesures pour mettre fin au déchaînement d’un racisme décontracté, devenu le "sport" préféré d’un pan entier de la droite française».

Même indignation du côté de SOS Racisme: «La vision véhiculée par Gérard Longuet (...) montre la conception ethnique qu’il s’en fait et qui rappelle la France de Maurras en contradiction avec la France républicaine qu’il est censé incarner», a dénoncé l'association antiraciste.

Longuet ne retire pas ses propos

Dans un communiqué publié en fin d'après-midi, Gérard Longuet n'a pas retiré ses propos tout en se disant «désolé d'avoir choqué (son) compatriote Harlem Désir», tout comme il est «désolé d'avoir sans doute choqué Malek Boutih dont (il) a reconnu volontiers les qualités personnelles».

«J'ai simplement exprimé le désir que l'ouverture d'esprit soit portée par une personnalité moins politique et parfaitement sereine en qui puissent et doivent se reconnaître tous nos compatriotes dans leur diversité et dans leur unité», a-t-il ajouté. «Etre militant socialiste n'est certes pas un obstacle, mais ce n'est pas non plus un droit pour exercer une mission nationale à la Halde ou ailleurs», a souligné Gérard Longuet.

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