Les médecins généralistes en grève

SANTE Ils sont en quête de reconnaissance et veulent que leurs honoraires augmentent pour motiver les jeunes à s'installer en cabinet...

Julien Ménielle

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D'ici 2030, certaines régions françaises aujourd'hui bien dotées en médecins comme Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées risquent de devenir de nouveaux "déserts médicaux", face aux besoins d'une population plus âgée, selon une étude gouvernementale publiée vendredi.
D'ici 2030, certaines régions françaises aujourd'hui bien dotées en médecins comme Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées risquent de devenir de nouveaux "déserts médicaux", face aux besoins d'une population plus âgée, selon une étude gouvernementale publiée vendredi. — Mychèle Daniau AFP/Archives

Si vous frappez à la porte de votre médecin de famille jeudi, vous risquez de la trouver close. Quatre syndicats de généralistes ont en effet appelé à la grève. Les blouses blanches sont en quête de reconnaissance, n'en peuvent plus de la paperasserie administrative, et disent s'inquiéter pour l'avenir de leurs patients.

Motiver la relève

«Nous demandons juste que la loi soit appliquée», assure à 20minutes.fr Vincent Rebeillé-Borgella, secrétaire général de MG France, principal syndicat des généralistes. La loi, c'est celle de 2002, qui reconnaît aux généralistes le statut de spécialistes. Et, concrètement, qui leur permet de prétendre à des honoraires plus élevés.

Un problème de sous, donc, mais pas seulement. Car, si les généralistes n'ont toujours pas digéré d'avoir été écartés de la vaccination contre la grippe A (H1N1), ils s'inquiètent aussi pour la relève. «Actuellement, un généraliste formé sur 10 seulement s'installe en cabinet», s'inquiète Vincent Rebeillé-Borgella. Un problème, d'autant que selon le médecin, la moitié de ses confrères a 50 ans ou plus. Conséquence: «Dans 15 ans il n'y aura plus personne pour s'occuper de nos patients».

«30 à 60%» de grévistes

Ajoutez à cela une «paperasserie administrative imposée par l'Assurance maladie» qui nécessiterait 1h40 par jour selon une étude menée en Rhône-Alpes, selon Vincent Rebeillé-Borgella, et vous obtenez «une profession au bord de l'exaspération». Les médecins seront donc jeudi dans les rues de Lyon ou Marseille, mais aussi en Vendée ou dans l'Eure.

Mais pas à Paris, où les conditions sont, semble-t-il, moins compliquées. Le syndicaliste assure pourtant que le mouvement y sera suivi. Quant à savoir dans quelles proportions, «c'est difficile à apprécier», estime le médecin. Sur l'ensemble du territoire, il estime entre «30 et 60%» le pourcentage de grévistes. Un indice: ceux qui ont prévu de ne pas ouvrir leur cabinet n'ont pas pris de rendez-vous ce jour-là.