Le maire de l'Aiguillon-sur-Mer: «Nous n'avons pris aucun risque sur la commune»

INTERVIEW La tempête Xynthia a mis les élus des communes submergées sur le banc des accusés. Maurice Milcent a répondu aux accusations pour 20minutes.fr...

Maud Noyon

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R. DUVIGNAU / REUTERS
Des élus, dont Philippe de Villiers, ont accusé les maires de ne pas résister aux promoteurs et de délivrer un peu facilement des permis de construire. Que leur répondez-vous?

«Je ne suis pas concerné. On n’attribue pas seuls un permis de construire. On l’instruit, on le transmet à la DDE qui doit donner un avis favorable et on le signe. Si l’avis est négatif, on peut passer outre mais le permis doit alors être soumis à la procédure de contrôle de légalité de la préfecture. On peut encore passer outre, mais je ne l’ai jamais fait, je ne me vois pas m’opposer à la décision d’un préfet ».

Pensez-vous avoir pris des risques pour votre commune?

«Nous avons eu entre 0,20cm et 1,50 cm d’eau, pas plus. Les digues n’ont pas cédé, nous n’avons eu aucun décès, ils ont tous eu lieu sur la commune voisine, à la Faute-sur-Mer. Nous n’avons pris aucun risque sur la commune: nous avons entre six et dix grandes marées par an, nous connaissions ce problème. Le seul risque, c’était celui du raz-de-marée, comme cela a eu lieu avec Xynthia».

Mais ce n’est pas trop dur de résister aux promoteurs?

Nous n’avons jamais eu de pression de la part des promoteurs. Nous sommes une commune familiale qui travaille avec le tissu artisanal local. J’ai toujours interdit aux promoteurs de mener des projets à l’Aiguillon-sur-Mer. Et je n’ai jamais laissé construire sur des zones inondables. 

Jean-Jacques Brot, le préfet de Vendée, vous accuse, vous et le maire de la Faute-sur-Mer, de ne pas avoir élaboré les plans de prévention des risques d'inondation (PPRI) malgré ses demandes.

Ce n’est pas vrai, nous en avons eu deux. Le premier plan, nous l’avions validé sans modification, il nous convenait. Le second, nous avons demandé des modifications, mais seulement sur des zones en dehors du bourg. Et il faisait passer une zone en rouge (non-constructible). Le projet de construction que nous avions sur cette zone a tout simplement été annulé.

Que doit-il se passer maintenant pour les maires qui auraient pris de mauvaises décisions?

Il ne faut pas d’autres catastrophes. Chacun est libre de prendre ses décisions. Mais on n’a pas le droit à l’erreur et chacun doit prendre ses responsabilités.