Un rapport accable les policiers qui avaient fait usage de flashball à Montreuil

VIOLENCES Il confirme que les forces de l'ordre n'aurait jamais dû s'en servir...

Avec agence

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Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Montreuil, le 13 juillet 2009.
Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Montreuil, le 13 juillet 2009. — SIPA

L'utilisation de flashball lors de heurts qui avaient opposé en juillet à Montreuil des membres de forces de l'ordre et des manifestants n'était «pas indispensable et proportionnée à la menace», estime un rapport de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (Cnds).

Joachim Gatti, 34 ans, qui participait à ce rassemblement, avait perdu un oeil à la suite d'un tir de flashball. Fin août, l'Inspection générale des services avait jugé que les policiers n’avaient pas respecté les règles d'utilisation de cette arme et un policier de la brigade anticriminalité (BAC) avait été mis en examen fin septembre pour «violences volontaires».

Le cadre légal de l'emploi du flashball n'a pas été respecté

La Cnds, autorité indépendante veillant au respect de la déontologie par les professions de sécurité, avait été saisie en juillet par le député et ex-maire de Montreuil Jean-Pierre Brard (apparenté PCF). L’instance «considère, au vu des témoignages précis recueillis, que le cadre légal d'emploi n'était pas respecté pour ce qui concerne l'un des tirs du gardien de la paix».

Dans une lettre au ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, Jean-Pierre Brard estime que «le dysfonctionnement constaté met en cause l'ensemble de la hiérarchie et (qu') il ne serait pas juste que les sanctions à venir ne pèsent que sur les fonctionnaires présents lors de l'opération, même si leur appréciation de la situation et les réponses qu'ils y ont apportées doivent être sanctionnées».

Les policiers «dégoûtés»

Synergie (second syndicat d'officiers de police) a vivement critiqué ce mercredi la synthèse de la CNDS, estimant qu'elle «s'est définitivement discréditée». Dans un communiqué, le syndicat de police «constate avec écoeurement que la énième production téléguidée de la CNDS est encore plus nauséabonde que les précédentes».

Le syndicat affirme «relayer le dégoût des policiers face à ce qui ressemble plus à un procès stalinien qu’à une recherche de vérité».