Une journée pas totalement morte dans les tribunaux

JUSTICE Si, à Paris, l'appel à la mobilisation contre la «casse» de la justice n'a pas été très suivi, en province, les reports d'audience ont été beaucoup plus nombreux...

B.D.

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Avocats, magistrats et personnels du monde judiciaire manifestent contre les réfomes à venir devant le palais de justice de Marseille, le 9 mars 2010.
Avocats, magistrats et personnels du monde judiciaire manifestent contre les réfomes à venir devant le palais de justice de Marseille, le 9 mars 2010. — TSCHAEN/SIPA

Malgré l’appel à la mobilisation unitaire lancé par une vingtaine de syndicats et organisations pour lutter contre la «casse» de la justice, la journée de mardi n’était pas totalement «morte» dans les tribunaux français. À Paris, «il n’y a pas eu de problème majeur, même si une ou deux chambres ont connu quelques dysfonctionnements», a indiqué le palais de justice à 20minutes.fr. Sur les 31 chambres parisiennes, la plupart fonctionnait «normalement, y compris la 23e», où ont lieu les comparutions immédiates.

Mais c’est en province que la mobilisation a été la plus suivie. Des audiences ont ainsi été reportées dans plusieurs tribunaux, dans différentes juridictions de la Manche (Caen et Coutances), en Lorraine, en Franche-Comté, ou encore en Alsace. Ainsi, à Strasbourg, les deux audiences correctionnelles ont été renvoyées, après que le président eut expliqué au public l'inquiétude des magistrats face à la réforme de la procédure pénale. À Caen, les audiences du juge d'exécution des peines, de la commission d'application des peines et du tribunal pour enfants ont été renvoyées en signe de protestation.

Maintien des audiences urgentes

Il n'y a pas eu d'audience au TGI d'Agen. À Toulon enfin, l'intégralité des audiences du tribunal pour enfants et du tribunal d'instance a été renvoyée. L'Union syndicale des Magistrats (USM, majoritaire) avait demandé à ses militants de maintenir les audiences urgentes.

En marge de ces reports, à la mi-journée, des rassemblements ont eu lieu devant plusieurs tribunaux. À Mulhouse, magistrats et avocats en robe noire se sont réunis sur le parvis du tribunal, à Marseille environ 200 personnes ont manifesté devant le TGI. Les palais de justice de Nice et Toulon ont également vu défiler leur lot de manifestants. À Agen, une centaine de manifestants a organisé un pique-nique sur les marches du palais de justice.

Personnels de la justice, des prisons et étudiants mobilisés

À Bordeaux, entre 400 et 500 personnes - magistrats, avocats, greffiers, surveillants pénitentiaires, et agents des services judiciaires venus des différentes juridictions (tribunal d'instance, tribunal de grande instance, cour d'appel et tribunal administratif) - ont manifesté devant le TGI. Parmi eux se trouvaient également environ 250 auditeurs de justice, des élèves magistrats de l'Ecole nationale de la magistrature de Bordeaux. Des éducateurs de la Protection judiciaire de la Jeunesse (PJJ), et des avoués se sont également joints au mouvement dans plusieurs villes.

À Paris, quelques centaines de personnes sont parties du palais de justice vers 14h45 en direction de la Place Vendôme, où une délégation devait être reçue.