Un troisième cas de suicide reconnu comme accident de travail chez Renault

JUSTICE Raymond R. s'était pendu en 2007, laissant une lettre incriminant son employeur...

J. M. avec agence

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Le Technocentre de Renault à Guyancourt.
Le Technocentre de Renault à Guyancourt. — J. CASSAGNE / 20 MINUTES

C'est le troisième cas du genre. Le suicide d'un salarié de Renault a été reconnu ce mardi comme accident du travail par le tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) de Versailles. Raymond D., technicien au Technocentre de Guyancourt s'était donné la mort à son domicile en février 2007.

«La hiérarchie a confié à Raymond D. un objectif à atteindre sans s'interroger sur la capacité psychique et physique de son salarié à supporter cette charge accrue de travail», ont estimé les juges du TASS, concluant que «l'acte suicidaire de M. D. est survenu par le fait du travail».

«Pardon, bonne chance»

Les motivations du jugement précisent que Renault a «réfuté toute pression sur la personne de M. D. en terme de rendement». Avant de se pendre, ce salarié de 38 ans avait laissé une lettre indiquant: «Je ne peux plus rien assumer, ce boulot c'est trop pour moi, ils vont me licencier et je suis fini, je ne saurai pas faire son top série de merde à Gosn (sic) et à Hamel, pardon, bonne chance».

Deux précédents suicides de salariés du Technocentre en 2006 et 2007 avaient été classés comme accident du travail dès 2007 par une commission de recours amiable, instance paritaire de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Yvelines.