Non, la tuberculose ne fait pas son «retour en force»

SANTE La maladie reste une réalité, mais le nombre de cas diminue régulièrement...

Julien Ménielle

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Une radio des poumons d'un patient atteint de tuberculose
Une radio des poumons d'un patient atteint de tuberculose — United States Department of Health and Human Services

La France a peur. Le retour annoncé de la tuberculose fait trembler l'Ile-de-France, après l'annonce ce mardi, d'un dépistage organisé dans un lycée de Seine-Saint-Denis. Un phénomène qui «prend de l'ampleur», assure I>Téle, tandis que France Soir annonce le «retour en force» de la maladie «dans le 9-3».

Angoissant, mais pas tout à fait vrai. En effet, en l'occurrence, trois cas ont été détectés dans un collège de Clichy-sous-Bois, nécessitant la mise en place d'actions de prévention certes de grande ampleur, mais pas exceptionnelles. L'année dernière, à la même époque, ce ne sont pas 500 mais 800 personnes qui ont subi un dépistage contre la tuberculose après la découverte de deux cas dans un lycée du département.

Jamais vraiment partie

«Ce n'est ni une épidémie, ni une situation exceptionnelle», assurait alors à 20minutes.fr le chef du service Prévention et actions sanitaires du conseil général de Seine-Saint-Denis, Christophe Debeugny, rappelant en effet que chaque jour, «deux ou trois cas sont signalés dans le département».

Ainsi, si la tuberculose reste une réalité en France, et particulièrement en Ile-de-France, zone la plus touchée avec la Guyane, on ne peut pas réellement parler d'un «retour en force» de la maladie puisqu'«elle n'est jamais partie», confirme à 20minutes.fr Brigitte Gicquel, chef d'unité génétique mycobactérienne à l'Institut Pasteur.

Un rebond en 2007

«Le nombre baisse régulièrement depuis 100 ans», affirme à 20minutes.fr le Dr Nicolas Veziris, du centre national de référence sur la tuberculose. «Si on garde un bon système de détection, ça ne fera que s'améliorer», promet même Brigitte Gicquel, évoquant le dépistage systématique, comme à Clichy-sous-Bois. Les statistiques de l'institut national de veille sanitaire (InVs) confirment en effet une diminution régulière, à l'exception de l'année 2007, avec 5% de cas enregistrés en plus.

Des chiffres qui «incitent à la vigilance», selon l'InVs, qui précise cependant que cette augmentation «paraît au moins en partie liée à une amélioration de l’exhaustivité des déclarations». Actuellement, on compte moins de 6.000 cas déclarés par an, selon le Dr Veziris. A Paris, il y a 30 ans, le spécialiste recevait à la Pitié-Salpêtrière 350 malades chaque année. Aujourd'hui, il assure n'en voir plus qu'une centaine.