Régionales: L'affiche controversée du FN dénoncée par l'Algérie

POLITIQUE L'Etat demande à la France de prendre des dispositions afin de remédier au problème...

C.C. avec agence

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E.GAILLARD / REUTERS

Incident diplomatique en vue? La diffusion par le Front national (FN) d'affiches dénonçant l'islamisme, avec une carte de France couverte du drapeau algérien et de minarets, a provoqué la fureur du gouvernement algérien qui a protesté «officiellement» lundi auprès de la France.

«Les symboles des pays étrangers mis à genoux»

«C'est à l'Etat français de prendre les dispositions qui s'imposent lorsque des symboles de pays étrangers sont mis à genoux», a déclaré Mourad Medelci, le ministre des Affaires étrangères algérien.

 

L'Algérie a exprimé des «protestations légitimes», l'utilisation de son drapeau étant «extrêmement choquante», a répondu ce mardi le ministère français des Affaires étrangères. «Nous déplorons avec force l'usage indigne et dégradant d'un drapeau national a des fins électoralistes», a dit le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero. 

Pas de commentaires sur les décisions de justice

Cependant, le ministère s'est déclaré impuissant et n'a pas souhaité «commenter une décision de justice», après le rejet lundi par un tribunal de Marseille d'une première demande d'interdiction de diffusion de l'affiche formulée par la Licra.

Malgré cette décision, les associations de lutte contre le racisme n'en démordent pas, le FN est ainsi à nouveau attaqué en justice par deux organismes, le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) et SOS-Racisme, malgré 

Risque d'«émeutes» et d'«effusions de sang»

«Sous couvert de dénoncer l'extrémisme religieux, Jean-Marie Le Pen a très clairement marqué sa volonté de susciter la peur et le rejet à l'encontre de toutes personnes de confession musulmane, mais également des Français d'origine algérienne et des ressortissants algériens vivant en France», a jugé SOS-Racisme. Une première audience devant le tribunal correctionnel de Paris aura lieu le 6 mai.

De son côté, l'avocat du Mrap, Maître Khaled Lasbeur, a évoqué un risque d'«émeutes», de «manifestations» et d'«effusions de sang», si les affiches ne sont pas retirées par la justice. Des déclarations qualifiées de «totalement exagérées» par l'avocat du FN, Maître Wallerand de Saint-Just. Saisi en référé la semaine dernière, le tribunal de Nanterre rendra quant à lui sa décision vendredi, à deux jours du premier tour des élections régionales.

Des «porteurs de valises» selon Marine Le Pen

Marine Le Pen, vice-présidente du Front national (FN), a réagi ce mardi sur France Info en qualifiant de «porteurs de valises du gouvernement français» ces associations antiracistes, faisant référence à ceux qui, pendant la guerre d'Algérie, soutenaient et aidaient le FLN.

«Sommes-nous oui ou non libres et souverains ou sommes-nous à la botte des ordres du gouvernement algérien», a-t-elle ajouté. «Nos drapeaux sont régulièrement souillés, brûlés même. A-t-on le droit, oui ou non, de trouver cela scandaleux, de dénoncer l'islamisme».