La tension ne retombe pas chez les salariés

Ingrid Gallou

— 

Des salariés en colère hier au siège de Total, où se tenait le comité central d'entreprise.
Des salariés en colère hier au siège de Total, où se tenait le comité central d'entreprise. — T. CAMUS / AP / SIPA

Comité central d'entreprise sous tension, hier midi au siège de Total. Sans surprise, la direction a annoncé la fin du raffinage à Dunkerque (Nord), tout en garantissant les 370 emplois du site à travers une reconversion industrielle : la création d'un dépôt logistique (15 emplois), d'un centre d'assistance technique et d'une école de formation (225 au total), ainsi qu'une participation à la construction d'un terminal méthanier avec EDF (50 emplois).

« Lamentable », pour Philippe Wullens, délégué SUD (majoritaire) à Total Dunkerque. « On revient au point de départ de février. C'est de la provocation de la part de l'Etat. » Pas de quoi en effet calmer les esprits échauffés des 300 salariés qui se sont donné rendez-vous au pied de la tour Total, aux cris de « Salariés en colère, on va pas se laisser faire », ou encore « Margerie, ton projet on n'en veut pas ». Parmi eux, Michel Denis et Jean-Marc Martinez, cégétistes venus de Martigues, employés de la raffinerie de Provence, eux aussi préoccupés par l'avenir de la raffinerie du groupe. « Nous demandons un projet concret sans perte d'emploi, et que les salariés [de Dunkerque] aient des réponses. Vous savez, ce n'est pas facile, on ne leur dit rien. » « Le compte n'y est pas. De qui se moque-t-on ? Tout cela est scandaleux, venant de la part d'un groupe qui génère des milliards de profits sur le dos des citoyens. La crise n'est pas conjoncturelle. Total refuse simplement d'investir au profit d'une rentabilité immédiate », dénonce Charles Foulard, coordinateur CGT, qui demande au secrétaire du CCE d'agir en justice contre Total pour entrave à l'information.

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, venue soutenir les salariés de Total « par solidarité », dénonce le projet de port méthanier : « 50 emplois sur 300, ce n'est pas assez. Total doit diversifier sa production de raffinage. » « C'est zéro », confirme cet ancien salarié de la raffinerie des Flandres. Il prédit : « D'ici à jeudi, il n'y aura plus d'essence dans les stations. » W