Une campagne régionale à très bas coups

POLITIQUES Le ton s'est durci à 'approche du premier tour au risque de décevoir les Français

Charlotte Mannevy

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Ali Soumaré, candidat PS, a été accusé d'être un « délinquant » par ses concurrents.
Ali Soumaré, candidat PS, a été accusé d'être un « délinquant » par ses concurrents. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

A cinq jours du scrutin, Axel Poniatowski ne s'expliquera pas devant ses électeurs, mais devant la justice. La tête de liste UMP dans le Val-d'Oise est assignée en diffamation pour avoir affirmé que Michèle Sabban, la candidate socialiste avait été condamnée pour «emplois fictifs».

Une «affaire» de plus dans une campagne qui s'est jouée en dessous de la ceinture: dérapages autour du cas de Georges Frêche ou bien d'Ali Soumaré candidat PS en Ile-de-France - accusé à tort d'être un «délinquant multirécidiviste» par des candidats UMP. Sans compter les multiples dérives autour du nazisme. Les jeunes UMP sont des «jeunesses hitlériennes» pour le maire PS d'Angoulême, Philippe Lavaud, tandis que Ségolène Royal dirige la région Poitou-Charentes à la manière «d'une dictature du prolétariat», selon Jean-François Douard, maire (UMP) de Lagord (Charente-Maritime), qui précise: «Le nazisme était aussi une dictature du prolétariat.»

Diffusion immédiate sur le Net

Difficile de dire si les insultes sont plus nombreuses que par le passé, mais elles sont sous le feu des projecteurs: «Avec Internet, il y a diffusion immédiate et permanente des dérapages. Et les adversaires s'en servent à leur tour pour décrédibiliser leur concurrent. C'est l'escalade», note Frédéric Dabi, directeur du département opinion publique de l'Ifop.

Ce laisser-aller cache en tout cas un problème de fond: «Ce qui intéresse les Français, c'est le développement économique et la politique sociale, souligne Frédéric Dabi. Or les politiques ne veulent pas aller sur ce terrain en temps de crise. Des promesses qui ne seraient pas tenues pourraient leur être très préjudiciables.» Difficile en effet de s'engager à «créer un million d'emplois», comme pouvait le faire François Mitterrand en 1981.

Le problème, c'est que le jeu des petites phrases ne fonctionne pas auprès des électeurs. Selon l'Ifop, qui teste régulièrement les sujets qui font débat auprès des Français, moins de 15% des personnes interrogées ont discuté de l'affaire Soumaré ou de Georges Frêche la semaine dernière.