Xynthia: Les maires sur le banc des accusés

POLEMIQUE Les élus de l'Aiguillon-sur-Mer et de la Faute-sur-Mer sont désignés comme les coupables des dégâts causés par la tempête...

Julien Ménielle

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Si Xynthia a ravagé des habitations, fin février, c'est parce qu'elles se trouvaient là. Et si elles se trouvaient là, c'est parce que les communes, responsables de l'urbanisation, l'avait autorisé. Après le préfet de Vendée, le président du conseil général Philippe de Villiers a de nouveau, ce lundi, rejeté la faute sur les maires des communes touchées par la catastrophe.

Les maires privilégient le développement local à la sécurité
«Beaucoup d'élus municipaux, à qui revient la délivrance des permis de construire, ont tendance à privilégier le développement local sur la sécurité physique du territoire», a dégainé Philippe de Villiers ce lundi dans une interview au Parisien. Du coup, le président du conseil général estime que cette délivrance «ne devrait plus être confiée aux élus municipaux, qui n'ont pas la capacité de résistance aux pressions spéculatives, mais aux départements».

Les élus ont ignoré les mises en garde
Dès le lendemain du drame, la Direction départementale de l'équipement (DDE) affirme qu'elle avait prévenu la municipalité de la Faute-sur-Mer des risques encourus. Là encore, Philippe de Villiers enfonce le clou: «Quand les toits des maisons sont à 1,50 mètres sous le niveau de la mer, je pense que les permis de construire n'auraient jamais dû être délivrés. D'ailleurs, des mises en garde des services de l'Etat sont là pour le prouver.»

Le préfet leur reproche d'avoir traîné à établir les plans de prévention des risques d'inondation (PPRI)
Jean-Jacques Brot, le préfet de Vendée, accuse les maires de l'Aiguillon-sur-Mer et de la Faute-sur-Mer de ne pas avoir élaboré les PPRI malgré ses demandes. Il aurait donc transmis samedi un courrier aux élus. Dans celui remis au maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, le préfet demande d'interdire, dans l'attente de rapports conjoints des ministères de l'Equipement et de l'Intérieur, toute nouvelle construction sur la commune et de fermer d'ici avril le camping municipal. Jean-Jacques Brot exige aussi le retrait de permis de construire délivrés qui concernent notamment des nouvelles constructions dans l'un des lotissements construits dans la cuvette de la commune, et que soient pris par le maire des arrêtés de péril pour les maisons sinistrées devenues dangereuses.

Les maires assurent avoir demandé l'accord de l'Etat
Les deux élus n'ont pas été en mesure de répondre aux sollicitations de 20minutes.fr dans l'immédiat. «Tout ce qui a été construit l'a été avec l'accord des services de l'Etat», affirmait cependant début mars René Marratier, le maire de La Faute-sur-Mer. «Les constructions sur la commune sont toujours maîtrisées et réalisées dans les règles de l'art. On a construit un peu, pas à outrance», renchérissait son adjointe Françoise Babin.

En réalité, ces deux communes ne sont pas les seules concernées par les inondations. Il s'agit en effet du premier risque naturel en France, et concerne une commune sur trois à des degrés divers.

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