Le relogement des familles sinistrées a commencé

INTEMPERIES En Charente-Maritime, 120 maisons seraient inhabitables...

Maud Noyon

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R. DUVIGNAU / REUTERS

Un toit après la tempête. Près d’une semaine après le passage de Xynthia, les interventions d’urgence cèdent peu à peu la place au «retour à la vie normale». Ce qui passe par le relogement des sinistrés.

En Charente-Maritime, un des deux départements les plus touchés par la tempête, le premier bilan fait état ce lundi de 4.000 résidences principales sinistrées. «La grande partie de ces maisons ne nécessitent que des travaux de nettoyage, mais environ 120 sont inhabitables» et leurs habitants devront être relogés, a expliqué à 20minutes.fr une responsable de la préfecture de Charente-Maritime.

2.500 places pour les sinistrés en Charente-Maritime

«Mais ce bilan est provisoire car toutes les familles, logés dans leur famille ou chez des amis, ne se sont pas manifesté. Et puis les mairies, qui gèrent ces opérations, ont du mal à récupérer tous les chiffres. Après l’urgence, ils doivent s’occuper d’autres problèmes, comme les soucis d’ordre psychologique»,  explique-t-on à la préfecture, où une cellule de relogement et d'accompagnement social a été mise en place.

Pour répondre à la demande, le conseil général de la Charente-Maritime a mis à disposition jeudi 2.500 places pour les sinistrés. Selon Sud Ouest, quelque 800 logements en dur ont été répertoriés, auxquels s’ajoutent une centaine de mobil-homes.

En Vendée, «une quinzaine de familles ont d’ores et déjà été relogées, a expliqué à 20minutes.fr Denis Labbé, sous-préfet de Lorient, en renfort à la Préfecture de Vendée. En tout, nous pouvons proposer 137 logements pour les victimes. Ce sont des résidences secondaires que les propriétaires nous ont spontanément proposées», en nombre suffisant pour que la préfecture n’ait pas besoin de solliciter les hôtels ou d’effectuer des réquisitions.  

Etre relogés à proximité

«Ces logements, pour la plupart des locations, sont disponibles jusqu’au 30 juin, jusqu’au début de la saison, explique le sous-préfet. Mais beaucoup de relogements ne devraient pas se faire sur le long terme», avance prudemment le sous-préfet alors qu’aucun chiffre sur le nombre de familles n’est encore disponible, dans les mairies et le département.

Côté pratique, «le centre opérationnel de l’Aiguillon-sur-Mer concentre les offres de relogement. Après les sinistrés amènent leurs dossiers et demandent souvent à ne pas être relogés à proximité de chez eux», a expliqué à 20minutes.fr une responsable du Secours Populaire de Vendée, sur place ce week-end pour aider les victimes de la tempête. «Les logements mis à disposition se concentrent sur l’Aguillon-sur-Mer, la Tranche-sur-Mer, Saint-Michel-en-l’Herm et Angles mais on essayera de reloger les gens au plus près de chez eux, sur leurs communes», assure de son côté Denis Labbé.

Mais ces familles pourront-elles même rentrer chez elle? Vendredi, Philippe de Villiers, président du conseil général de la Vendée, a demandé à ce que les habitants de la cuvette de La Faute-sur-mer quittent définitivement leurs logements. Une position a priori partagée par Jean-Louis Borloo, qui s'est dit «plutôt» d'accord avec le fait de ne pas reconstruire les maisons à l'endroit même où elles ont été détruites.