L'Etat va «travailler sur la situation» de 360.000 chômeurs

EMPLOI Ils font partie du million de personnes qui pourraient arriver en fin de droits...

Avec agence

— 

Une agence Pôle emploi à Strasbourg-Pont-Matthis.
Une agence Pôle emploi à Strasbourg-Pont-Matthis. — G. VARELA / 20 MINUTES

Sur le million de chômeurs qui pourraient arriver cette année en fin de droit à l'indemnisation, 360.000 seraient sans solution et le gouvernement a accepté de «travailler sur leur situation» à l'issue d'une réunion de trois heures vendredi à Bercy avec les syndicats et le patronat.

«On va travailler sur 360.000 mais l'Etat ne s'est pas positionné clairement pour dire s'il va les aider tous sous une forme ou une autre», a résumé Maurad Rabhi de la CGT, estimant que la réunion avait été «un coup pour rien».

«On (est) convenus de travailler et de mieux expertiser la situation de ces 360.000 personnes dont la situation n'est pas connue de Pôle emploi et très différentes d'une personne à l'autre», a confirmé l'entourage du secrétaire d'Etat, Laurent Wauquiez. «L'objectif est de les aider à retrouver un emploi et de voir les outils utiles», a-t-on ajouté de même source.

«La partie va être compliquée»

Pour la CFDT, «l'Etat a bien sûr la tentation de minimiser ceux qui sont sans revenu et qui doivent être pris en charge. Mais le constat en fin de réunion c'est de travailler sur la situation de 360.000 et nous, on dit qu'il faut les prendre en charge tous d'une manière ou d'une autre».

«La partie va donc être compliquée», a ajouté Laurent Berger (CFDT).

Des échanges bilatéraux entre l'Etat et les organisations patronales et syndicales doivent avoir lieu avant une prochaine réunion fixée au lundi 22 mars.

«Revenu de remplacement» ou «formation»

Pour FO, la réunion, qualifiée par avance de «technique» par le gouvernement, n'a «pas été fructueuse». «L'Etat n'a rien dit pour l'instant et le patronat est resté sur ses positions. Maintenant il faut qu'on avance rapidement, qu'on arrête avec les chiffres et qu'on mette la surmultipliée», a déclaré Stéphane Lardy, qui souhaite poser la question d'un élargissement de l'accès à l'allocation spécifique de solidarité (ASS, versée par l'Etat à certains chômeurs en fin de droits) et des moyens de Pôle emploi.

Il faut «un revenu de remplacement, un revenu ou une formation», dit-il.

Un document de Pôle emploi a été mis sur la table de la réunion, de 5 à 6 pages, détaillant la situation des chômeurs qui devraient arriver en fin de droits en 2010 selon l'âge, l'ancienneté, la situation du foyer fiscal, l'accès ou non à un revenu, le retour ou non à une activité, l'accès ou non à une formation. Ce qui revient à «saucissoner» le problème a déploré la CGT.

Chaque année, environ 800.000 chômeurs arrivent en fin de droits à l'indemnisation et même s'ils n'ont pas retrouvé du travail, certains n'ont pas droit aux aides de l'Etat. Avec la crise, certains sont en fin de droits depuis 2008.