Vibrant hommage de la Vendée à ses victimes

Ingrid Gallou et Virginie Ramel

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« J'ai oublié le bonheur, la paix a quitté mon âme. » Les paroles prononcées, hier, lors de la messe solennelle dédiée aux victimes de Xynthia, à Luçon, ont résonné aux oreilles des Vendéens comme un lourd écho à l'épreuve qu'ils traversent depuis samedi dernier, quand les premiers vents ont soufflé sur leur région.

Hier, le dernier bilan faisait état de 53 morts en France, dont 29 en Vendée. Parmi les victimes, beaucoup de personnes âgées, mais aussi une famille, et des enfants, âgés de 2 à 12 ans. Par ailleurs, Brice Hortefeux, le ministre de l'Intérieur, dénombrait hier 7 blessés graves et 72 blessés légers. Philippe de Villiers, le président du conseil général de Vendée, qui assistait à la cérémonie au côté du Premier ministre, François Fillon, joint hier, a rapporté « le grand recueillement et la forte émotion » des Vendéens. « On sentait la douleur des familles, et la grandeur des gestes de solidarité. » Une référence aux cercueils de trois retraités portés par une procession de bénévoles, de gendarmes et de pompiers au son du glas qui a raisonné dans tout le département. Deux milliers de Vendéens avaient tenu à se réunir, à la fois dans la cathédrale, mais aussi à l'extérieur, où des écrans de retransmission avaient été installés. Partout, dans le département en berne ont résonné les sirènes. A Luçon, la majorité des commerces avaient, eux, choisi de baisser le rideau en signe de deuil.

Contacté hier à la sortie de la cérémonie, le maire de L'Aiguillon a confié être « sous le coup de l'émotion ». « La cérémonie a été à la hauteur de la catastrophe », a-t-il simplement ajouté. « Il n'y a pas de mot à ça, tout ce qui devait être fait a été fait. » Joint hier, Dominique Bussereau, président du conseil général de Charente-Maritime, l'autre département le plus meurtri avec 12 morts, nous a décrit « une population en deuil ». « Dans ces moments, il faut être très attentif, car des actes de désespoir peuvent survenir. » W