Kweeper, ou le partage des perles du web

Sandrine Boucher

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C'est un drôle de truc, à la fois microblog et réseau social, à mi-chemin entre Facebook et Twitter. Et tout aussi addictif. La chose s'appelle Kweeper et elle a été inventée par un Lyonnais Charles Elé, informaticien, branché et modérément geek, et amateur de sciences cognitives. Brièvement dit, il s'agit, via une petite application, de stocker (garder = keep) et partager des extraits de textes, des photos, des vidéos, qu'elles soient glanées sur la Toile ou envoyées par mail. Le tout s'affiche sous la forme d'une page que chacun nourrit et rend publique comme il le souhaite.

L'intention de départ était tout autre et la suite fut « deux ans d'obsession et de nuits blanches ». Charles Elé cherchait un moyen de collecter des phrases édifiantes du Net, dans le projet de les imprimer sur des tee-shirts. Avec, dans un coin de la tête, une curiosité tenace sur ce qui retient l'attention de nos contemporains dans l'océan du Web. S'ensuit une rencontre décisive avec un fondu d'informatique, aujourd'hui son associé, qui permet de concrétiser l'idée. « Nous voulions un outil ultrasimple que tout le monde puisse s'approprier et en inventer les usages. » A la manière d'un blog, les « anonymes » partagent ce qui les étonnent, les font rire, les énervent, glissent parfois une photo personnelle. Des médias lyonnais s'en servent comme d'un site supplémentaire, alimenté par leurs infos.

Toute fraîche « recrue » de Kweeper, le maire de Lyon, Gérard Collomb (PS), communique de temps à autre des bribes de son agenda. Enfin, après le salon de la mode Who's Next, à Paris, en janvier, le festival de hip-hop l'Original s'exposera « en temps réel » sur Kweeper, aux côtés de Facebook et Twitter. Charles Elé a commencé l'année en quittant son job d'informaticien à plein-temps afin de se consacrer au développement de l'application (vitrine d'un événement, intranet simplifié pour les entreprises). Et trouver son modèle économique. W