Indemnisations: certaines victimes de Klaus auront attendu près d'un an pour être indemnisées

INTEMPERIES Les cas diffèrent entre communes, particuliers et professionnels, une situation qui pourrait se reproduire après le passage de Xynthia...

Maud Noyon

— 

La tempête Klaus va coûter entre 1 et 1,4 milliard d'euros aux assureurs, avec un nombre de sinistres estimés entre 400.000 et 600.000, a affirmé mardi Bernard Spitz, président de Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA).
La tempête Klaus va coûter entre 1 et 1,4 milliard d'euros aux assureurs, avec un nombre de sinistres estimés entre 400.000 et 600.000, a affirmé mardi Bernard Spitz, président de Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). — Patrick Bernard AFP/Archives

Deux tempêtes ne se ressemblent pas, les indemnisations qu’elles entraînent non plus. Un peu plus de 13 mois après le passage de la tempête Klaus, on peut constater que sur le terrain des réparations, le bilan est contrasté. Ce qui n’augure rien de très positif pour les sinistrés de Xynthia.

>> Pour voir des photos de la tempête Xynthia c'est par

ici.

>> Vous avez été touché par la tempête Xynthia, envoyez vos photos en cliquant ici  et apportez-nous vos témoignages par

À Mont-de-Marsan, l’équipe du maire souligne des délais «très longs» après le passage de Klaus, en janvier 2009. «On vient de recevoir, fin décembre, une indemnisation de l’assurance et une aide compensatoire du conseil général», explique-t-on à 20minutes.fr, alors que la commune avait subi des dégâts chiffrés à un million d’euros.

Sur le Bassin d’Arcachon, on parle au contraire de délais «corrects». «Au niveau de la commune, nous avons obtenu des remboursements en juin-juillet et les administrés ont été indemnisés dans des délais raisonnables», a détaillé pour 20minutes.fr le maire du Lège-Cap-Ferret, Michel Sammarcelli. «Ce sont des délais très corrects par rapport à l’importance de la tempête», estime-t-il.

Situation précaire des sylviculteurs

Mais l’édile s’inquiète pour les conséquences de Xynthia. Le département de la Gironde n’est pas en état de catastrophe naturelle, contrairement à l’année dernière, et les dégâts -une centaine de maisons ont été inondées par 50 à 80 centimètres d’eau- risquent de ne pas être aussi bien couverts.

Pour les professionnels, la situation est un peu plus compliquée. Par exemple, la filière bois, durement touchée par Klaus, ne peut se prévaloir de l’état de catastrophe naturelle qui permet une meilleure indemnisation. «Un état de catastrophe naturelle ne couvre que les biens assurables et techniquement il existe très peu de contrats adaptés» aux sylviculteurs, a expliqué à 20minutes.fr Eric Dumontet, secrétaire général adjoint du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest.

«En 2009, le ministre de l’Agriculture de l'époque, Michel Barnier, avait promis près d’un milliard d’euros de prêts bonifiés. Mais très peu ont été mis en place pour les sylviculteurs, ce sont plutôt les acheteurs et d’autres professionnelles de la filière bois qui en ont profité» raconte-t-il, soulignant la situation précaire des sylviculteurs alors que les subventions au reboisement et les remboursements d’impôts ont eu du mal à se mettre en place.

«Plan spécial» en faveur des ostréiculteurs

Quel sera le sort des professionnels touchés cette année par Xynthia? Nicolas Sarkozy a annoncé lundi un «plan spécial» en faveur des ostréiculteurs. Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, est attendu en Vendée demain et devrait annoncer la mise en œuvre de différents dispositifs -catastrophe naturelle, calamité agricole- pour aider ostréiculteurs et agriculteurs, dont les terrains ont été submergés par l’eau salée.

Pour les particuliers, c’est plus simple. L'arrêté de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle ayant été publié mardi pour la Charente-Maritime, la Vendée, les Deux-Sèvres et la Vienne, les sinistrés de ces départements peuvent déposer leur dossier de demande d'indemnisation auprès de leur assureur. Ils ont jusqu'au 31 mars pour déclarer les sinistres à leur assureur, a annoncé mardi la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui a allongé le délai légal à 30 jours, contre dix habituellement.

>>Pour retrouver nos conseils pour se faire indemniser, cliquez ici