Après le passage de Xynthia, débat sur les zones inondables

TEMPETE En front de mer, le secteur de La Faute-sur-Mer a été balayé...

A L'Aiguillon-sur-Mer, Guillaume Frouin

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La Faute-sur-Mer, un secteur très touché par la tempête Xynthia.
La Faute-sur-Mer, un secteur très touché par la tempête Xynthia. — IDE

La presqu'île de La Faute-sur-Mer et sa voisine d'en face sur l'estuaire, L'Aiguillon-sur-Mer (Vendée), se retrouvent au centre d'une polémique sur l'urbanisme en zone littorale après la tempête Xynthia. Les deux communes ont recensé 26 des 51 décès provoqués par la catastrophe, selon le dernier bilan. Sur place lundi, le président de la République a annoncé une «mission d'inspection» qui devra rendre un premier rapport «sous dix jours» pour «comprendre ce qui s'est passé dans la baie» et un «plan digue» national. Car le drame a rappelé à tous celui de Vaison-la-Romaine (Vaucluse), où 46 personnes avaient péri le 22 septembre 1992, emportées par l'Ouvèze.

Construit avec l’accord de l’Etat

Daniel Bordelet, 61 ans, a ainsi fait construire son petit «pavillon Phoenix» il y a trois ans, sur la Pointe de l'Aiguillon. Aujourd'hui, le sol de la maison est jonché de boue, d'herbes et de roseaux. «Quand nous l'avons fait construire, le terrain n'était pas classé comme inondable», rapporte cet ancien artisan métallurgiste, venu du Loiret couler une paisible retraite avec son épouse.

«Il a été classé comme semi-inondable quelques mois après la fin des travaux. En fait, il aurait dû carrément être mis en zone rouge.» Les maires refusent d'être les boucs émissaires: «Tout ce qui a été construit l'a été avec l'accord des services de l'Etat», répète René Marratier, le maire de La Faute-sur-Mer. Les élus locaux nient aussi que les digues aient cédé, estimant que l'eau est remontée par la Pointe d'Arçay. Pourtant, la DDE les avait mis en garde contre les risques d'inondations.