Sujet de l’interro: l’autorité des profs

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L’école a-t-elle des problèmes d’autorité ? Une circulaire adressée aux enseignants le 19 octobre a suscité hier plusieurs réactions (lire ci-dessous). Les débats organisés dans le cadre de la sortie aujourd’hui du film Les Fautes d’orthographe, de Jean-Jacques Zilbermann, dont l’action se déroule dans un pensionnat en 1968, ont eux aussi reposé la question à Lyon ou à Paris, où professeurs et spécialistes ont évoqué les nuances entre autorité et autoritarisme. La question est dans l’air : au moment de la publication du rapport Thélot sur la nouvelle loi d’orientation de l’école, François Fillon, ministre de l’Education nationale, a expliqué qu’il entendait « restaurer l’autorité face à vingt-cinq ans de laxisme » et « la perte des repères civiques et moraux », reprenant la position de son prédécesseur, Luc Ferry. Dans l’entourage du ministre actuel, on nuance : « Dans l’écrasante majorité des cas, l’autorité de l’enseignant, sa capacité à se faire respecter et à trouver la sanction juste, fonctionne. Mais 10 % des établissements sont sensibles. Il ne faut pas magnifier le passé : l’école n’a jamais connu d’âge d’or. Nous préparons l’école de l’avenir. » Georges Dupon-Lahitte, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves, défend une autre position : « L’autorité est devenue le cache-sexe d’une pauvreté de pensée sur l’éducation. L’autorité ne se décrète pas, elle se construit. Placer l’élève au coeur du système, élément contesté par le ministre qui souhaite plutôt y voir l’enseignant, occulte la vraie question : comment assurer la réussite de tous, dans la compréhension et le respect des règles ? »

les chiffres 12 millions d’élèves sont inscrits dans le premier et le second degré en France. 1341000 enseignants et aides-éducateurs (public et privé). 11% des enseignants en zones d’éducation prioritaires (ZEP) rencontrent « très souvent » des problèmes d’indiscipline et 30 % « assez souvent », contre 4 % et 23 % hors ZEP. 90% des profs en ZEP estiment « faire un métier à risques » : violences verbales, conflits avec quelques élèves ou la classe entière, dégradations matérielles.